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Ouverture de la session

Les points à l’ordre du jour étaient nombreux et malgré la détermination des présents à aborder toutes les questions jugées importantes, cela n’a pas été possible. La commission s’est focalisée sur le Rapport sur l’application de la directive 2010/18/UE du Conseil du 8 Mars 2010 portant sur l’application de l’accord-cadre révisé sur le congé parental conclu par BUSINESSEUROPE, l’UEAPME, le CEEP et la CES et abrogeant la directive 96/34/CE.

 

Congé parental,la Rapporteure était la présidente elle-même dont l’intérêt principal est d’encourager une uniformisation des régimes, à partir de la distinction de genre en ce qui concerne le congé paternité et le congé maternité, accompagnée d’un échange de bonnes pratiques des pays membres. Les avis sur la question sont les plus disparates comme elle touche à des aspects cruciaux des droits des travailleurs, trouver un accord demeure particulièrement difficile, cela va sans dire d’autant que la législation en matière de congé parental a des répercussions sur le travail des hommes aussi.

 

Ensuite, Julie Ward (S&D) a sollicité la commission sur l’importance de remplir l’objectif de lutte contre la pauvreté . L’un des cinq objectifs fixés dans le cadre de l’initiative « Europe 2020 » vise à réduire d’au moins 20 millions du nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l’exclusion sociale. A l’heure actuelle, l’UE passe en revue les progrès obtenus après l’implémentation de la stratégie en 2010. D’après Julie Ward, la « féminisation » de la pauvreté est en expansion constante en Europe : « les femmes courent un risque disproportionnel de sombrer dans la pauvreté ». De plus, les familles monoparentales souffrent de problèmes d’approvisionnement énergétique. En d’autres termes, certains ménages ne peuvent pas se permettre le coût du chauffage lorsque l’hiver approche. Cependant, il ne s’agit pas que d’une prérogative des familles monoparentales. Il se peut que des couples décident de divorcer afin de bénéficier de davantage de soutien économique de la part de l’Etat. Un constat accablant qui met à mal les premiers résultats de la campagne « Europe 2020 ».

 

De la pauvreté et de l’émancipation à l’ère du numérique : une perspective de genre

« Cela ne fait aucun doute que les femmes sont plus exposées à la pauvreté », a déclaré Jadwiga Wiśniewska (ECR) tout de suite après l’intervention de Maria Arena sur la pauvreté affectant les femmes. Outre les problèmes des familles monoparentales constituées par des femmes seules avec leurs enfants, il y en a encore d’autres cruciaux à discuter, continue-t-elle. Tout d’abord, il y a lieu d’investir dans la sensibilisation de la société civile et dans la formation des femmes pour qu’elles ciblent des carrières autres que celles liées à la dimension sociale. Souvent ces secteurs sont les plus frappés par la crise économique et le chômage, du coup les femmes ont plus de possibilités de sombrer dans la pauvreté. Le choix porte majoritairement sur ces genres d’emploi à cause de la discrimination sur le lieu de travail et de pratiques d’exclusion tels que le « plafond de verre » empêchant aux femmes d’avancer au sein de la même entreprise/institution, qu’elle soit publique ou privée. Un autre point à développer concerne les mesures de soutien aux femmes dans des conditions de précarité économique. L’octroi est accordé sur la base du statut ou de l’état civil, alors que ces formes de soutien, appellent les présents, devraient être individualisées. La pauvreté féminine est très complexe et déclenche des dynamiques peu connues. Un exemple : lorsqu’on parle d’invisibilité de la pauvreté féminine on se réfère à la tendance des femmes de ne pas manifester leur condition publiquement. A l’inverse des hommes se trouvant dans la même situation de détresse, la plupart des femmes refuse de mendier.

La croissance de la pauvreté peut avoir des conséquences dramatiques au niveau international, comme le témoigne la prolifération des agences matrimoniales par correspondances, une question sur laquelle un échange de vues des participants était prévu. En effet, les agences matrimoniales ne sont pas illégales en soi, tout de même elles peuvent être à l’origine d’actions pernicieuses et illégales comme la traite des êtres humains et la vente de la citoyenneté européenne sur les marchés noirs internationaux. La construction d’un tel réseau passe, bien évidemment, par les méandres de la technologie numérique. Un secteur en expansion qui représente pourtant une source d’avancement économique non négligeable.

A ce propos, Terry Reintke (Verts/ALE) a voulu aborder la question de l’émancipation des femmes à l’ère du numérique. Ce secteur économique permet la création de milliers d’emplois chaque année, ainsi l’Union devrait favoriser l’insertion des femmes dans ce milieu moyennant une sensibilisation aux enjeux et aux opportunités de la technologie numérique. De la même manière, selon Reintke l’Union devrait établir des bourses spéciales dans le but d’aider les femmes à se familiariser avec les outils informatiques et devenir ainsi plus compétitives. Toutefois, internet peut s’avérer être une arme à double tranchant car il peut favoriser le développement de comportement déviants relatifs à la marchandisation du corps féminin, de la pornographie à la prostitution. Ce contenu disponible en ligne est par ailleurs susceptible de biaiser la perception des genres auprès des jeunes.

 

La situation des réfugiées et des demandeuses d’asile

Le projet d’un rapport sur la situation des refugiées et des demandeuses d’asile est chaudement soutenu par Mary Honeyball (S&D) qui a invité des expertes à partager les constats issus de leurs recherches. Il est indéniable qu’entreprendre un long voyage vers l’Europe peut avoir, dans de tels contextes, des implications relevant de la violence à caractère sexiste. Certaines migrantes, par exemple, ont étés exploitées sexuellement pour négocier des transports chez les passeurs. Pour ce qui concerne les demandes d’asile, le personnel désigné devrait être formé pour la réception des demandes des femmes. En effet, elles sont plus réticentes à parler ouvertement de leur condition et, étant reléguées à la gestion du foyer, elles manquent souvent de documents d’identité. De plus, certaines demandeuses d’asile présentent des mutilations et nécessitent d’un soutien psychologique tandis que d’autres femmes réfugiées doivent être protégées puisque la violence envers elles a augmentée exponentiellement depuis les attentats de Paris.

 

Les femmes courent des énormes risques lors de traversées vers l’Europe. La violence à caractère sexiste existe et, d’après une étude menée par le Women’s Refugee Commission, les centres d’accueil grecs, dépourvus des infrastructures nécessaires, offrent beaucoup d’occasions pour les abus sur les femmes réfugiées. Les responsables des centres étaient persuadés qu’aucun abus ne se produisait puisque personne n’avait porté plainte. Or la situation est bien différente comme le montrent certains témoignages. Malheureusement les femmes ayant subies des abus pendant le voyage préfèrent cacher la vérité, un aspect qui complique le travail des autorités vu que la politique de l’Union est de donner la priorité aux plus vulnérables. Le personnel devrait être entraîné pour qu’il puisse faire preuve de compétences adéquates au moment propice. Des interprètes pour faciliter le dialogue devraient également être présents.

Parallèlement, l’appui de la société civile peut faire la différence. « L’émancipation des femmes passe par leur pleine inclusion dans la vie démocratique », a souligné avec force Kashetu Kyenge (S&D), de retour du Burkina Faso. Les organisations de la société civile peuvent aider les femmes réfugiées à s’épanouir par le biais de l’entreprenariat. Des efforts importants devraient être également entrepris comme le fait l’asbl suédoise Yalla Trappan, pour empêcher que les demandeuses d’asile ayant atteint notre continent soient rapatriées là où l’égalité des sexes n’est pas reconnue et garantie. D’autres phénomènes encore nécessitent des interventions de la part de la société civile et des Etats, comme par exemple celui des jeunes syriennes envoyées par leurs familles en Europe à la recherche d’un mari européen pour échapper à la guerre. L’aspect dramatique de cette pratique est que certaines d’entre elles sont mineures et n’atteignent même pas l’âge légal pour le mariage. En bref, tous les présents aux travaux de la commission se disent d’accord sur le remarquable potentiel des associations vouées à la protection des femmes : elles peuvent contribuer efficacement à l’amélioration des conditions des femmes réfugiées.

Samuele Masucci

Pour en savoir plus :

-. Streaming des travaux de la commission FEMM du 3 décembre 2015 (http://www.europarl.europa.eu/ep-live/fr/committees/video?event=20151203-0900-COMMITTEE-FEMM)

(http://www.europarl.europa.eu/ep-live/fr/committees/video?event=20151203-1500-COMMITTEE-

FEMM)

-. Rapport sur l’application de la directive 2010/18/UE du Conseil du 8 Mars 2010 portant sur l’application de l’accord-cadre révisé sur le congé parental conclu par BUSINESSEUROPE, l’UEAPME, le CEEP et la CES et abrogeant la directive 96/34/CE

(http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32010L0018&from=FR)

-. -Initiative « Europe 2020 » http://ec.europa.eu/europe2020/europe-2020-in-a-nutshell/targets/index_fr.htm

-. le concept de « plafond de verre » http://igvm-iefh.belgium.be/fr/domaines_action/emploi/plafond_de_verre

-. Site web de l’ONG Women’s Refugee Commission https://womensrefugeecommission.org/

-. Site web de l’ASBL Yalla Trappan (http://www.yallatrappan.se/)

Classé dans:Dignité humaine, DROITS FONDAMENTAUX, Egalité entre hommes et femmes

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