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Les juges français enquêtent sur des versements suspects dans le cadre de l’attribution des Jeux à la capitale japonaise… Après l’affaire du stade trop cher, le scandale de plagiat de l’ancien logo (et l’accueil mitigé du nouveau) des JO de Tokyo 2020, une nouvelle polémique a été révélée il y a quelques jours par le Guardian au sujet de versements suspects liés à l’attribution des Jeux à la capitale japonaise. Dans le dernier développement en date de cette affaire complexe, le Premier ministre nippon Shinzo Abe a promis de coopérer pleinement avec la justice française, qui enquête sur l’affaire depuis décembre. Résumé des épisodes précédents. (à suivre et ce n’est pas fini …4 ans avant les jeux olympiques)

11 mai: Les révélations du «Guardian»

Selon le quotidien britannique, qui avait déjà révélé l’existence d’une enquête début mars, des juges d’instruction français s’intéressent depuis fin 2015 à des soupçons de corruption dans l’attribution des JO 2020 à Tokyo. Les interrogations portent sur des versements pour 1,3 million d’euros pouvant provenir de l’équipe de candidature de la ville, vers la société Black Tidings d’un certain Papa Massata Diack. Il s’agit du fils de Lamine Diack, qui en 2013, l’année de l’obtention des Jeux olympiques par Tokyo, et aussi la date présumée des versements, était président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) et siégeait au Comité international olympique (CIO).

Les virements, deux «mouvements financiers qui seraient intervenus aux mois de juillet et d’octobre 2013, sous le libellé «Tokyo 2020 Olympic Game Bid», ont été découverts dans le cadre de l’enquête judiciaire déjà menée par des juges français sur un possible système de corruption pour dissimuler des cas de dopages d’athlètes russes. La compétence de la justice française s’explique notamment par le fait que des fonds ont pu être blanchis à Paris. Une seconde information judiciaire a été ouverte fin 2015, et confiée à trois juges d’instruction, notamment pour des faits de corruption, association de malfaiteurs et blanchiment en bande organisée, explique le lendemain une source proche de l’enquête.

12 mai: Le Japon défend une candidature «propre»

«D’après ma compréhension des faits, le processus de candidature des jeux Olympiques de Tokyo 2020 a été réalisé de manière propre», déclare le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga, en réponse à une question sur cet article lors d’une conférence de presse. Il précise que «le Japon répondra à toute éventuelle requête de la justice française», mais n’a pas l’intention d’interroger l’équipe de Tokyo-2020 à la suite de ces informations de presse. La porte-parole du comité d’organisation Tokyo 2020, Hikariko Ono, renchérit: «Nous pensons que les Jeux ont été accordés à Tokyo parce que cette ville présentait la meilleure candidature».

Des soupçons de corruption autour des JO de Tokyo étaient déjà apparus, évoqués dans un rapport de l’Agence mondiale antidopage (AMA) sur le dopage dans l’athlétisme russe, publié en janvier. Ils avaient déjà été réfutés par les organisateurs. Début mars, le président du CIO Thomas Bach avait affirmé qu’il n’existait «pas de preuve pour le moment» d’une telle corruption.

13 mai: Le Japon change de registre et annonce qu’il va «vérifier les faits»

«Nous allons continuer à travailler pour vérifier les faits», déclare le porte-parole du gouvernement. «Tandis que l’agence des Sports va vérifier auprès de la mairie de Tokyo et du Comité olympique du Japon, je souhaiterais suivre» les développements, assure de son côté le ministre chargé des jeux Olympiques, Toshiaki Endo.

Le président du Comité olympique japonais Tsunekazu Takeda affirme que les sommes citées correspondent à des «rémunérations légitimes d’un consultant». Basée à Singapour, la société Black Tidings délivrait entre autres activités des services de conseil en marketing.

14 mai: Le démenti de Papa Massata Diack

L’ancien responsable nie avoir reçu de l’argent pour que Tokyo remporte la victoire, dans une interview à l’agence japonaise Kyodo. «Je n’ai pas reçu d’argent», déclare-t-il depuis Dakar, ajoutant: «Qu’il enquêtent… je n’ai rien à cacher».

16 mai: Le Premier ministre japonais s’engage à coopérer

«J’ai ordonné au ministre de l’Education et des Sports de coopérer pleinement avec l’enquête» des juges français, déclare Shinzo Abe au Parlement, selon des propos rapportés par l’agence Jiji. Devant les parlementaires japonais, le président du Comité olympique local déclare: «Je n’ai jamais su qu’il y avait un lien (entre la compagnie et Papa Massata Diack). Il est assez courant» d’avoir un contrat avec un consultant international, ce qui est considéré comme important pour réussir une candidature, a-t-il insisté, en qualifiant à nouveau les paiements de légitimes.

Le Guardian a contacté le comité olympique japonais avant de publier son article pour recueillir les réactions de ses officiels. Il a reçu comme réponse que l’équipe médias était absente pour la semaine et ne pouvait pas répondre aux questions8 Le comité d’organisation des jeux n’a pas été plus bavard, mais il a publié un communiqué où la porte-parole assure que le comité d’organisation n’était en aucune manière au courant de telles accusation. « Nous sommes convaincus que Tokyo a remporté les Jeux, car la ville présentait le meilleur dossier ». Même perplexité feinte ou apparente du côté des autorités politiques du pays :le secrétaire général du gouvernement a tenu une conférence de presse où il a répété ne pas avoir d’information sur cette affaire. Mais il a assuré que si la justice française demandait une enquête sur le dossier olympique de Tokyo, le Japon répondrait de la manière qu’il convient !

Cf. l’article de Eulogos concernant le sommet contre la corruption http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3843&nea=173&lang=fra&lst=0&arch=0

 

Classé dans:COOPERATION JUDICIAIRE ET POLICIERE, Lutte contre la criminalité organisée

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