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La chancelière, qui s’exprimait pour la première fois depuis la vague d’attaques et après plusieurs jours de silence, a défendu l’accueil des réfugiés alors que trois des quatre auteurs des attaques sont des demandeurs d’asile. Deux se sont réclamés du djihadisme et ont fait allégeance à Daech.

Mais ceux qui espéraient de Berlin un changement de cap sur la question des réfugiés après cette vague d’attentats en sont pour leurs frais. Face aux critiques qui ne cessent de se multiplier, Angela Merkel a rejeté catégoriquement les appels à mettre un terme à sa politique généreuse d’accueil des migrants. Pas question, a-t-elle déclaré, de céder face aux djihadistes, qui «veulent remettre en cause notre disposition à accueillir des personnes en détresse». Reconnaissant que «ces événements» ont suscité un grand désarroi, la chancelière a souligné que «la peur ne saurait servir de fondement pour l’action politique».

Un plan en neuf points

Comme pour dissiper toute équivoque, Angela Merkel a répété son credo: «nous y arriverons». Ces trois mots, désormais largement contestés, voire raillés, résument sa position, inflexible depuis l’été dernier. «Il y a onze mois, je vous ai dit, dans cette salle, que l’Allemagne est forte et que nous y arriverons. Je n’ai pas dit que ce serait facile», a-t-elle réaffirmé, soulignant sa conviction que le pays mènera à bien «cette tâche, ce défi, historiques». Face à la terreur islamiste, la chancelière s’est engagée à «montrer aux citoyens que notre société est forte et sûre», assurant que les Allemands pourront conserver leur mode de vie.

S’il est encore trop tôt, selon la dirigeante allemande, pour dévoiler des mesures définitives en réponse aux attaques de la semaine passée, elle a annoncé un plan en neuf points pour améliorer la sécurité. Parmi ces mesures figurent le renforcement des effectifs de police, la promesse de faciliter l’expulsion de réfugiés coupables de délits, un «système d’alerte préventive» permettant de mieux déceler la radicalisation islamiste chez les demandeurs d’asile, ainsi qu’une collaboration avec les partenaires européens en matière de renseignement et de contrôle des armes à feu.

Angela Merkel a indiqué que l’armée allemande pourrait soutenir la police en cas d’attentats terroristes de grande ampleur

La chancelière a également évoqué la création d’une autorité spécialisée pour enquêter sur les réseaux cryptés d’Internet, sur lesquels le forcené de Munich – dont l’enquête a montré les idées d’extrême droite raciste et l’admiration pour Adolf Hitler – avait pu se procurer illégalement le revolver avec lequel il a abattu neuf personnes vendredi dernier. Angela Merkel a également indiqué que l’armée allemande pourrait soutenir la police en cas d’attentats terroristes de grande ampleur.

Les appels pressants en faveur d’un durcissement de la politique d’asile et d’immigration n’on pas trouvé d’écho chez la chancelière alors que les prochaines élections se profilent à l’horizon. «Nous attendons de manière urgente que l’État fédéral et l’Europe agissent», a martelé jeudi le ministre bavarois de l’Intérieur, Joachim Herrmann, réclamant «de la sécurité, de la transparence et de l’ordre». La popularité d’Angela Merkel est en baisse , les mouvements populistes exploitent sans vergogne le moindre incident, rien n’y fait la chancelière persiste !

Une fois de plus il faut saluer la réponse à ce défi humanitaire : « Les décisions politiques ne peuvent être dirigées par la peur (…) Aujourd’hui comme hier, je suis convaincue que nous viendrons a bout de cette mission historique, car c’en est une en ces temps de mondialisation(…)Nous y parviendront et nous avons déjà accompli beaucoup de choses depuis un an. » Justifiant sa décision de 2015, elle a souligné que refuser ce défi humanitaire » aurait posé d’autres problèmes à l’Allemagne. Ces paroles ont rencontré un écho dans celles du pape François à Cracovie pour les journées mondiales de la jeunesse. Il a appelé dans le même esprit d’ouverture « à construire des ponts et à abattre des murs de séparation» ,« pour secourir le pauvre » et « à écouter ceux que nous ne comprenons pas, qui viennent d’autres cultures, d’autres peuples, ceux que nous craignons parce que nous croyons qu’ils peuvent nous faire du mal »Il a invité à s’ouvrir pour recevoir le réfugié et le migrant. Des paroles à l’unisson prononcées presqu’en même temps.

Classé dans:Conditions d’accueil des migrants et réfugiés, Dignité humaine, DROITS FONDAMENTAUX, Liberté de circulation des personnes, MIGRATIONS ET ASILE

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