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Sa volonté de se porter candidate à sa propre succession lors des élections législatives de septembre 2017 est une bonne chose pour l’Union européenne. De l’aveu même d’Angela Merkel, la campagne devrait être l’une des plus difficiles de sa carrière. Alors qu’une alliance entre les principaux partis de gauche (SPD, Die Linke, Verts) est évoquée, Angela Merkel a certes perdu en popularité depuis l’été 2015 et sa décision d’ouvrir les portes de son pays aux réfugiés, ce qui a divisé la société allemande. En atteste la rapide progression du parti d’extrême-droite AfD, crédité de 13 % d’intentions de vote. Angela Merkel est par ailleurs d’ailleurs perçue par beaucoup comme un rempart face à la montée des populismes mais par rapport à beaucoup de chefs d’état ou de gouvernement, sa popularité reste enviable.

Mais c’est une candidature qui se situe dans une société polarisée. »Cette élection sera une des plus difficiles« , a fait savoir Angela Merkel au moment de l’annonce de sa candidature au poste de chancelière en 2017. Parmi les principales difficultés auxquelles elle devra faire face sur le plan intérieur, la dirigeante allemande cite « ‘la polarisation de la société allemande’, la pression ‘de la droite’ mais aussi la menace d’une coalition SPD, Verts, Die Linke, brandie à gauche« ..

« A dix mois des prochaines législatives, Mme Merkel aborde cette nouvelle bataille électorale dans une position a priori plutôt confortable« , Certains observateurs , soulignant que d’après les derniers sondages, le principal concurrent de la CDU (chrétien-démocrate), le SPD (social-démocrate), n’est crédité que de 24% des voix à l’heure actuelle, 9 points derrière le parti de la chancelière.

« Mais si 55 % des Allemands souhaitent qu’Angela Merkel reste en poste, contre 50% en août, l’élection qui se profile sera tout sauf facile« , considère-t-on.L’affaiblissement de la popularité de la chancelière résulte en particulier de sa décision d’avoir « laissé venir près de 1 million de demandeurs d’asile en Allemagne l’année dernière« , ce qui l’a conduite à ne « jamais [avoir] été aussi contestée dans son propre camp« . Et l’on rappelle également que la CDU n’a plus que 33% d’intentions de vote contre 41,5% en 2013. « Pour remonter la pente, le parti veut aplanir les différences avec son allié bavarois, la CSU, qui conteste la politique de la chancelière [lui reprochant notamment sa politique d’accueil des réfugiés jugée trop généreuse], et mettre l’accent sur des thèmes comme les impôts, la famille ou les perdants de la modernisation« , fait-on valoir ;

Dans la perspective de la campagne pour les élections législatives, Angela Merkel adopte par conséquent des positions moins abruptes. Un an après sa décision d’accueillir les réfugiés la chancelière sans se désavouer totalement, que pour faire taire les rébellions dans son parti. ‘Wir schaffen das’ [On peut y arriver] était peut-être une formule creuse, a-t-elle dit..

De même, note-t-on avec la montée du nouveau parti populiste (AfD), la chancelière risque de ne pas avoir le choix et aura besoin des députés du SPD pour former une coalition. D’ores et déjà, on sent qu’elle soigne ses partenaires de gauche« . Elle a notamment accepté que Frank-Walter Steinmeier, ministre SPD des Affaires étrangères, devienne le futur président fédéral, voulant « à tout prix court-circuiter le projet naissant de front de gauche (SPD, Verts, Die Linke)« .

Une candidate anti- populiste dans une Europe en difficulté, on ne peut le nier. « Dans la période difficile et peu sûre que nous traversons aujourd’hui, on me rapporte que beaucoup ne comprendraient pas si je ne continuais pas à servir l’Allemagne avec l’expérience et les talents qui m’ont été donnés« , a déclaré Angela Merkel en annonçant sa candidature, tout en soulignant les difficultés rencontrées par l’Europe, notamment en lien avec le Brexit. Elle a également fait mention des dossiers sensibles, que ce soit la nouvelle administration Trump ou bien les rapports avec la Russie.

Après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, « la chancelière a été désignée comme la gardienne des valeurs libérales par une assez large partie de l’opinion européenne, qui a vu en elle la seule dirigeante forte et expérimentée d’Europe.

Revendique-t-elle pourtant un leadership quelconque ? Elle a qualifié cette vision de « grotesque et absurde« , estimant le costume trop grand pour une seule personne, elle a néanmoins précisé que « la défense de nos valeurs » et de « notre mode de vie » constitueraient le cœur de son programme, citant « la démocratie, la liberté, le respect du droit et de la dignité de chacun, et ce, quels que soient son origine, sa couleur de peau, sa religion, son sexe, son orientation sexuelle ou ses opinions politiques« , à savoir exactement les mêmes termes qu’elle avait employés après l’élection de Donald Trump le 9 novembre. Néanmoins soulignons que Barack Obama, de son côté en visite à Berlin, en a d’ailleurs fait « l’égérie de la démocratie mondiale« .

Pour Bernard Guetta, journaliste aux analyses aiguës, si Angela Merkel l’emportait en septembre 2017, elle serait la dirigeante « du pays le plus important et le plus influent de l’Union européenne puisque la Grande-Bretagne s’en va et que la France, quel que soit le résultat de sa présidentielle, aura besoin de plusieurs années pour retomber sur ses pieds« . Déterminée à se dresser contre Vladimir Poutine, elle pourrait convaincre les Etats issus de l’ex-bloc soviétique de constituer une Europe de la défense, au moment où Donald Trump remet en cause la solidarité des Etats-Unis avec les autres pays membres de l’OTAN. Mais est-ce bien totalement réaliste mêmesi sela emprte la conviction du plus grand nombre?

La chancelière devra toutefois « sortir du piège de la politique de rigueur européenne« , tpoujours selon Bernard Guetta : « Si elle accepte de moins lutter contre les déficits publics de l’Union, elle risque de sérieuses difficultés avec les courants les plus orthodoxes de son parti. Si elle s’y refuse, elle alimentera la poussée extrémiste et un anti-germanisme qui montent et auxquels elle pourrait se heurter de plein fouet« . Cruel dilemme !

Classé dans:#LaReplique, Citoyenneté européenne

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Sa volonté de se porter candidate à sa propre succession lors des élections législatives de septembre 2017 est une bonne chose pour l’Union européenne. De l’aveu même d’Angela Merkel, la campagne devrait être l’une des plus difficiles de sa carrière. Alors qu’une alliance entre les principaux partis de gauche (SPD, Die Linke, Verts) est évoquée, Angela Merkel a certes perdu en popularité depuis l’été 2015 et sa décision d’ouvrir les portes de son pays aux réfugiés, ce qui a divisé la société allemande. En atteste la rapide progression du parti d’extrême-droite AfD, crédité de 13 % d’intentions de vote. Angela Merkel est par ailleurs d’ailleurs perçue par beaucoup comme un rempart face à la montée des populismes mais par rapport à beaucoup de chefs d’état ou de gouvernement, sa popularité reste enviable.

Mais c’est une candidature qui se situe dans une société polarisée. »Cette élection sera une des plus difficiles« , a fait savoir Angela Merkel au moment de l’annonce de sa candidature au poste de chancelière en 2017. Parmi les principales difficultés auxquelles elle devra faire face sur le plan intérieur, la dirigeante allemande cite « ‘la polarisation de la société allemande’, la pression ‘de la droite’ mais aussi la menace d’une coalition SPD, Verts, Die Linke, brandie à gauche« ..

« A dix mois des prochaines législatives, Mme Merkel aborde cette nouvelle bataille électorale dans une position a priori plutôt confortable« , Certains observateurs , soulignant que d’après les derniers sondages, le principal concurrent de la CDU (chrétien-démocrate), le SPD (social-démocrate), n’est crédité que de 24% des voix à l’heure actuelle, 9 points derrière le parti de la chancelière.

« Mais si 55 % des Allemands souhaitent qu’Angela Merkel reste en poste, contre 50% en août, l’élection qui se profile sera tout sauf facile« , considère-t-on.L’affaiblissement de la popularité de la chancelière résulte en particulier de sa décision d’avoir « laissé venir près de 1 million de demandeurs d’asile en Allemagne l’année dernière« , ce qui l’a conduite à ne « jamais [avoir] été aussi contestée dans son propre camp« . Et l’on rappelle également que la CDU n’a plus que 33% d’intentions de vote contre 41,5% en 2013. « Pour remonter la pente, le parti veut aplanir les différences avec son allié bavarois, la CSU, qui conteste la politique de la chancelière [lui reprochant notamment sa politique d’accueil des réfugiés jugée trop généreuse], et mettre l’accent sur des thèmes comme les impôts, la famille ou les perdants de la modernisation« , fait-on valoir ;

Dans la perspective de la campagne pour les élections législatives, Angela Merkel adopte par conséquent des positions moins abruptes. Un an après sa décision d’accueillir les réfugiés la chancelière sans se désavouer totalement, que pour faire taire les rébellions dans son parti. ‘Wir schaffen das’ [On peut y arriver] était peut-être une formule creuse, a-t-elle dit..

De même, note-t-on avec la montée du nouveau parti populiste (AfD), la chancelière risque de ne pas avoir le choix et aura besoin des députés du SPD pour former une coalition. D’ores et déjà, on sent qu’elle soigne ses partenaires de gauche« . Elle a notamment accepté que Frank-Walter Steinmeier, ministre SPD des Affaires étrangères, devienne le futur président fédéral, voulant « à tout prix court-circuiter le projet naissant de front de gauche (SPD, Verts, Die Linke)« .

Une candidate anti- populiste dans une Europe en difficulté, on ne peut le nier. « Dans la période difficile et peu sûre que nous traversons aujourd’hui, on me rapporte que beaucoup ne comprendraient pas si je ne continuais pas à servir l’Allemagne avec l’expérience et les talents qui m’ont été donnés« , a déclaré Angela Merkel en annonçant sa candidature, tout en soulignant les difficultés rencontrées par l’Europe, notamment en lien avec le Brexit. Elle a également fait mention des dossiers sensibles, que ce soit la nouvelle administration Trump ou bien les rapports avec la Russie.

Après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, « la chancelière a été désignée comme la gardienne des valeurs libérales par une assez large partie de l’opinion européenne, qui a vu en elle la seule dirigeante forte et expérimentée d’Europe.

Revendique-t-elle pourtant un leadership quelconque ? Elle a qualifié cette vision de « grotesque et absurde« , estimant le costume trop grand pour une seule personne, elle a néanmoins précisé que « la défense de nos valeurs » et de « notre mode de vie » constitueraient le cœur de son programme, citant « la démocratie, la liberté, le respect du droit et de la dignité de chacun, et ce, quels que soient son origine, sa couleur de peau, sa religion, son sexe, son orientation sexuelle ou ses opinions politiques« , à savoir exactement les mêmes termes qu’elle avait employés après l’élection de Donald Trump le 9 novembre. Néanmoins soulignons que Barack Obama, de son côté en visite à Berlin, en a d’ailleurs fait « l’égérie de la démocratie mondiale« .

Pour Bernard Guetta, journaliste aux analyses aiguës, si Angela Merkel l’emportait en septembre 2017, elle serait la dirigeante « du pays le plus important et le plus influent de l’Union européenne puisque la Grande-Bretagne s’en va et que la France, quel que soit le résultat de sa présidentielle, aura besoin de plusieurs années pour retomber sur ses pieds« . Déterminée à se dresser contre Vladimir Poutine, elle pourrait convaincre les Etats issus de l’ex-bloc soviétique de constituer une Europe de la défense, au moment où Donald Trump remet en cause la solidarité des Etats-Unis avec les autres pays membres de l’OTAN. Mais est-ce bien totalement réaliste mêmesi sela emprte la conviction du plus grand nombre?

La chancelière devra toutefois « sortir du piège de la politique de rigueur européenne« , tpoujours selon Bernard Guetta : « Si elle accepte de moins lutter contre les déficits publics de l’Union, elle risque de sérieuses difficultés avec les courants les plus orthodoxes de son parti. Si elle s’y refuse, elle alimentera la poussée extrémiste et un anti-germanisme qui montent et auxquels elle pourrait se heurter de plein fouet« . Cruel dilemme !

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