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Un cas de discrimination inédit que seul le Conseil de l’Europe avait osé aborder : l’ONU critique la discrimination des flamands envers les francophones.

Posted by lf5422 on 30/10/10

Les experts de l’ONU se disent préoccupés par le fait que “l’accès à certains droits” puissent être “entravés” dans les communes flamandes où la “connaissance ou l’apprentissage du néerlandais” sont exigés pour obtenir des services ou des prestations sociales, acheter des logements ou encore être élu maire, précise le quotidien La Libre Belgique. Ces mesures officiellement destinées à renforcer le caractère néerlandophone de la Flandre, créent “une discrimination à l’égard d’autres catégories de la population”, c’est-à-dire les francophones, relève le comité des Nations unies, qui a transmis son rapport fin octobre aux autorités belges.

Depuis plusieurs années, les autorités communales de localités situées en Flandre, notamment dans la banlieue de Bruxelles où vivent de nombreux francophones, exigent des personnes souhaitant acheter un logement social ou un terrain à bâtir qu’elles prouvent leur connaissance du néerlandais ou qu’elles s’engagent à l’apprendre. L’accès à certains centres aérés pour les enfants a également été conditionné à la connaissance du néerlandais.

“Ce qui est à souligner c’est que l’on sort ici du cadre belgo-belge, c’est une organisation internationale indépendante qui indique que lorsqu’on insiste trop sur les exigences linguistiques, on ouvre la voie à des discriminations”, commente Benoît Van der Meerschen, président de la Ligue des droits de l’Homme, dans la Libre Belgique. http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/620355/l-onu-epingle-la-flandre.html  Il précise que le Comité a pu travailler sur base d’un rapport remis tant par l’aile francophone que flamande de la Ligue belge.

De même, le gouvernement régional flamand refuse depuis cinq ans de valider l’élection de trois maires francophones élus dans des communes située sur le territoire de la Flandre mais majoritairement habitées par des francophones. Le chef du gouvernement flamand Kris Peeters a promis de faire procéder à une “analyse en profondeur” du rapport, afin de “vérifier si ces recommandations doivent donner lieu à des adaptations” des règles en vigueur en Flandre, ont indiqué samedi ses services. http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/330218/le-gouvernement-peeters-fait-analyser-le-rapport-critique-de-l-onu-a-l-egard-de-la-flandre.html .  L’un des trois maires francophones dont l’élection n’a pas été validée parce qu’il avait envoyé du courrier en français à ses administrés francophones, Damien Thierry, a dit espérer que la Flandre prenne ces recommandations pour “un avertissement sérieux”, selon l’agence Belga. Des rapporteurs du Conseil de l’Europe avaient par le passé déjà pointé les risques de discrimination envers les francophones de Flandre, sans que cela n’entraîne de modification des pratiques des responsables néerlandophones. (cf. Nea say). La Commission européenne, préoccupée, gênée aux entournures, n’a jamais osé aborder le problème au niveau politique : dernier souvenir, l’envoi d’une lettre du directeur général de la Justice, des affaires intérieures et des droits fondamentaux au Représentant permanent de la Belgique auprès de l’UE.

Le rapport pointe du doigt la Belgique également pour ce qui concerne les violences policières, l’usage du pistolet Taser et la surpopulation carcérale.


Filed under: droits des personnes handicapées, DROITS FONDAMENTAUX, NON-DISCRIMINATION, Protection des minorité

Roms : la France est-elle toujours sous surveillance ? Qu’en pense Viviane Reding ? Dans l’affaire Rom, pas de surprise tout le monde avait été averti, bien à l’avance.

Posted by lf5422 on 30/10/10

Oui, répond Philippe Ricard le correspondant du journal le Monde. Elle est même sous étroite surveillance, précise-t-il dans un chat http://www.lemonde.fr/europe/chat/2010/09/29/roms-la-france-est-elle-isolee-en-europe_1417554_3214_1.html Viviane Reding dans une interview à ce même journal le Monde nous donne une bonne leçon concernant le fonctionnement des institutions, le rôle de chacun et une bonne leçon de droit européen. Fidèle à sa nature, elle ne donne pas une leçon de ton professoral ou doctrinal. Un simple rappel des évidences, du bon sens.

Fidèle à elle-même, mais aussi fidèle à ses engagements pris devant le Parlement européen lors de son audition, comme commissaire désignée, en début d’année en vue de sa confirmation par ce même Parlement européen. Ecoutez sur Europarl.europa.eu l’enregistrement et vous entendrez ce qu’elle n’a cessé  de répéter au cœur de la polémique des Roms . Elle ne cessera de le  répéter. En matière de droits fondamentaux : «tolérance zéro !» a-t-elle martelé à plusieurs reprises. Mêmes propos, même tonalité, la différence est qu’ils s’adressaient non à un Etat membre désigné nommément, mais à 27 Etat membres et bien au-delà puisqu’en la matière c’est la communauté internationale tout entière qui était visée.

Cela devrait apaiser bien des esprits susceptibles. Quelques mots de sa part sur la procédure d’infraction dont les lecteurs de Nea say connaissent maintenant le fonctionnement. Le moins que l’on puisse dire est que la Commission est finalement « bonne fille », pas de précipitation et l’on ne tire qu’après plusieurs sommations et coups de semonce. 5% des procédures d’infraction se terminent devant la Cour de Justice. Il y a quelques jours, après huit ans d’ouverture d’une procédure d’infraction et une condamnation par la Cour de justice, la Commission  vient de condamner à nouveau un Etat membre toujours défaillant : outre la forte amende à laquelle cet Etat membre a été fortement condamné, il sera condamné à une astreinte importante par jour de retard. Mais huit ans après l’ouverture de la procédure d’infraction… pas de précipitation inutile : il faut s’assurer de son bon droit. Petits ou grands, puissants ou misérables, tous subissent la même loi. Demandez à Microsoft, hier, ou Google, demain, ce qu’ils en pensent ! La Commission ne veut pas la mort du pécheur et croit en sa repentance ou sa rédemption. Mais au bout du compte, il faut rentrer dans les clous. D’où des protestations : elle en fait trop ou pas assez, elle serait complaisante à l’égard des Etats membres, ou mesquine et tatillonne dans son acharnement à poursuivre tel ou tel. La voie est étroite mais claire : ni précipitation, ni stigmatisation.

Même si Viviane Reding le dit en d’autres termes, elle ne dit pas autre chose.

La commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, estime que vivre dans un camp illicite, comme dans le cas des milliers de Roms renvoyés de France, n’est pas un trouble à l’ordre public, tel qu’il justifierait une expulsion, a-t-elle dit dans un entretien avec Le Monde daté de vendredi 28 octobre. “A mon avis, non”, a répondu la vice-présidente de la Commission européenne à qui l’on demandait si vivre dans des camps illicites et mendier dans la rue était un trouble à l’ordre public. “Mais c’est aux tribunaux nationaux de le dire”, a-t-elle toutefois ajouté.

Mme Reding a déclenché en septembre une dispute avec Paris soupçonné de discrimination à l’égard de Roms. “J’ai agi à ma manière: claire, précise et sans ambiguïté. Je n’ai pas de regret, encore moins raison de m’excuser”, s’est défendue Mme Reding espérant que la dispute “aura servi à deux choses”. “Premièrement, que le droit français va comporter désormais des garanties procédurales (…) sur la libre circulation des ressortissants européens qui n’avaient pas encore été transposées” dans le droit national.

“Deuxièmement, il faut voir la réalité en face: les Roms constituent une minorité de 10 à 12 millions de personnes, des citoyens européens qui vivent dans une pauvreté extrême et qui sont discriminés”, a-t-elle dit.

La France a démantelé des centaines de campements illicites abritant des Roms et renvoyé depuis le début de l’année plus de 8.000 ressortissants roumains et bulgares. Après cela, elle a échappé à une procédure d’infraction pour application insuffisante d’une directive européenne de 2004 sur la libre circulation des citoyens de l’UE. “La France reste sous surveillance. Nous continuons d’examiner les dossiers que nous ont transmis les autorités françaises”, a averti de nouveau Mme Reding. « La Commission n’est pas là pour punir mais pour résoudre des problèmes. Ce qui nous intéresse c’est de faire respecter le droit. Saisir la Cour de Justice est un constat d’ échec (…) j’ai été étonnée que certaines évidences aient été niées ». http://www.lemonde.fr/depeches/2010/10/28/reding-vivre-dans-un-camp-illicite-n-est-pas-un-trouble-a-l-ordre-public_3214_236_43720708.html

 Rob Kuschen, directeur du Centre européen pour le droit des Roms, a assez longuement expliqué la situation et dans des termes voisins dans le journal le monde du 21 octobre dernier. http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/21/affaire-des-roms-la-france-n-est-pas-exoneree_1429042_3224.html

Il faut être plus attentif à ce qui se dit à Bruxelles, Luxembourg ou Strasbourg, tous ont été prévenus lorsque Viviane Reding a fait son audition devant le Parlement européen en début d’année : droits fondamentaux, tolérance Zéro ! Qu’on se le dise ! de même elle s’est exprimée sur la Charte des droits fondamentaux, qu’on relise  le N°95 de Nea say consacrée à la communication de la Commission sur l’application « effective » de la Charte. Qu’on lise une autre information dans Nea say, son rapport « lever les obstacles à l’exercice des droits des citoyens de l’UNION »Oui les citoyens ont des droits qu’ils ignorent largement.

Pas de surprise, tout le monde est averti ou devrait l’être


Filed under: IMMIGRATION, politique d'intégration

La carte musique pour les jeunes est lancée. Une première réponse à Hadopi. Vers une réconciliation (ou apaiser) des jeunes avec Hadopi.

Posted by lf5422 on 30/10/10

La “carte musique”, censée soutenir le téléchargement légal sur Internet auprès des jeunes de 12 à 25 ans, a été lancée jeudi 28 octobre, avec quelques mois de retard. Va-t-elle réconcilier les jeunes avec Hadopi ? (more...)

Port de la Burqa, niqab, voile intégral : suite et fin le 11 avril 2011 ? Des ambassadrices de la laïcité et de l’égalité hommes/femmes.

Posted by lf5422 on 29/10/10

Le ministre a inauguré la phase de «pédagogie»  et « médiation »précédant l’application de la loi d’interdiction du niqab, burqa  ou pour être plus précis, la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

 Cette loi, rappelons le (CF.Nea say)  a été promulguée le 11 octobre. Elle deviendra effective le 11 avril 2011. Dans l’intervalle, le gouvernement va tenter de convaincre les femmes portant le voile intégral de l’enlever.  Le ministre  Eric Besson a lancé «l’opération “les ambassadrices de la laïcité et de l’égalité hommes-femmes”». Quinze femmes, «pour la plupart issues de l’immigration […] se déplaceront dans treize communes d’Ile-de-France et neuf grandes villes de province», a-t-il annoncé. Leur mission sera de «sensibiliser les publics des quartiers sensibles et de former les acteurs de terrain aux enjeux de la loi récente interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public au regard des principes et des valeurs républicains».

«Il ne s’agit donc pas de s’en remettre à la seule force de la sanction, mais bien de susciter, au terme d’un dialogue, l’adhésion à des valeurs et à un idéal», a insisté Besson. Les ambassadrices organiseront des débats dans des maisons de quartiers, se rendront dans des établissements scolaires et «iront aussi au contact direct de la population[en se] présentant à la porte des appartements». Ce programme, organisé en partenariat avec l’association Ni putes ni soumises (NPNS), est financé à hauteur de 80 000 euros par le ministère de l’Immigration. Les ambitions sont vastes, les moyens  seront-ils au rendez-vous, là est le défi par ses temps d’austérité budgétaire ? Dans son discours prononcé au ministère de l’Immigration, la responsable de NPNS, Sihem Habchi a plaidé  pour « la liberté des femmes à disposer de leur corps»,Sihem Habchi a affirmé que son objectif était de «reconquérir le terrain occupé par les obscurantistes et l’extrême droite».

La tâche est immense.En effet, les lieux où des femmes portant le niqab sont susceptibles de se présenter sont quasiment illimités – des commerces aux universités, en passant par les services publics, les transports, les compagnies aériennes, les consulats. La quasi-totalité des ministères sont donc impliqués : Justice, Intérieur, Affaires étrangères, Affaires sociales, Fonction publique, Santé, Education, Enseignement supérieur et recherche, Immigration. Un «un plan d’information et d’accompagnement spécifique sera prochainement lancé» d’ici à la fin novembre a annoncé le ministre.

 A l’issue de ces six mois de «pédagogie et d’explications», l’article 1 de la loi stipulant que «nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage», sera d’application dans toute sa rigueur : toute personne méconnaissant cette interdiction sera passible d’une amende de deuxième classe (jusqu’à 150 euros). L’obligation d’accomplir un stage de citoyenneté «pourra être prononcée en même temps et/ou à la place de la peine d’amende». La loi prévoit également que toute personne obligeant une femme à se voiler sera passible d’un an de prison et de 30 000 euros d’amende. Si la contrainte s’exerce au préjudice d’un mineur, les peine et amende pourront être doublées. Le dernier article du texte énonce enfin que le gouvernement devra remettre au Parlement un rapport sur l’application de la loi «dix-huit mois après sa promulgation», soit en avril 2012. Ce rapport devra dresser «un bilan de la mise en œuvre de la présente loi, des mesures d’accompagnement élaborées par les pouvoirs publics et des difficultés rencontrées».

Communiqué du Ministre Eric Besson http://www.immigration.gouv.fr/spip.php?page=actus&id_rubrique=254&id_article=2404

Discours du ministre Eric Besson lors du lancement de l’opération « Les ambassadrices de la laïcité et de l’égalité hommes/femmes » http://www.immigration.gouv.fr/spip.php?page=actus&id_rubrique=254&id_article=2402

 


Filed under: Dignité humaine, DROITS FONDAMENTAUX, Egalité hommes-femmes, Liberté de pensée, d'expression, de religion

Journée européenne de la justice civile: trois Européens sur quatre veulent obtenir un meilleur accès à la justice à l’étranger. Mais ils veulent aussi mieux exercer leurs droits de citoyens de l’Union. Y compris comme patients. Mieux accéder aussi aux soins de santé.

Posted by lf5422 on 27/10/10

 

Selon un nouveau sondage Eurobaromètre , trois Européens sur quatre (73 %) veulent que des mesures soient prises pour les aider à résoudre leurs litiges et à faire valoir leurs droits dans d’autres États membres de l’Union. La publication du rapport Eurobaromètre coïncide avec la Journée européenne de la justice civile, qui a pour objectif d’informer les citoyens sur leurs droits en matière d’accès à la justice civile, que ce soit lorsqu’ils travaillent, se marient, ont des enfants ou achètent des biens et des services dans un autre État membre de l’Union.

«Grâce à leur droit de circuler librement, les Européens n’ont jamais été aussi nombreux à vivre, voyager et travailler dans d’autres États membres de l’Union», a déclaré Mme Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne et commissaire chargée de la justice. «Si les Européens font largement usage de leur droit à la libre circulation, ils continuent cependant à se heurter à des obstacles en raison des différences de systèmes juridiques au sein de l’Union. Nous devons faire en sorte que cette situation n’empêche pas les citoyens de bénéficier, dans d’autres États membres, du même accès à la justice civile que celui dont ils jouissent dans leur propre pays.»

D’après le sondage, 56 % des Européens jugent difficile l’accès à la justice civile dans un autre pays de l’Union, contre 14 % seulement qui estiment qu’il ne pose pas de problème. 73 % se déclarent favorables à des mesures supplémentaires visant à faciliter cet accès, et 52 % sont d’avis que ces mesures devraient faire l’objet d’une réglementation commune au niveau de l’Union. Alors que 2 % à peine des sondés ont été personnellement opposés, dans le cadre de procédures judiciaires, à une personne ou une entreprise d’un autre État membre, 9 % pensent qu’ils pourraient l’être un jour.

En ce qui concerne le droit international de la famille, 68 % des Européens estiment que l’Union européenne devrait avoir son mot à dire dans la manière dont les règles nationales s’appliquent aux cas de divorce internationaux et aux affaires financières des couples mariés dont les conjoints sont originaires de pays différents. En juillet dernier, les gouvernements des États membres de l’Union ont donné le feu vert à 14 pays de l’UE pour accélérer la mise en place d’une réglementation permettant aux couples internationaux de choisir le pays dont la législation s’appliquerait à leur divorce (IP/10/917). Cette nouvelle réglementation, qui doit encore être adoptée, permettra à des couples d’éviter des procédures émotionnellement pénibles et financièrement onéreuses.

Enfin, la majorité (58 %) des personnes interrogées se prononcent en faveur de mesures européennes supplémentaires pour améliorer la reconnaissance des documents entre États membres.

Afin que les citoyens puissent trouver plus facilement des informations sur la résolution de problèmes juridiques à l’étranger, la Commission a lancé cet été le portail e‑Justice). Ce guichet unique en ligne, riche de plus de 12 000 pages, permet d’accéder à la justice dans toute l’Union et fournit des réponses rapides aux questions d’ordre juridique que se posent les citoyens. À ce jour, il a été consulté 125 000 fois.

Cf. autres billets : Quelle justice en Europe avec quels moyens ? Les droits des patients bientôt reconnus. Exercer ces droits de citoyens de l’Union ou le parcours du combattant.

Améliorer l’accès à la justice est l’un des objectifs du plan d’action de la Commission européenne visant à mettre en place un espace de liberté, de sécurité et de justice au sein de l’Union européenne  Ce plan a été lancé suite à l’adoption, en décembre 2009, par les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union, du programme de Stockholm, qui fixe le cadre de travail général de l’Union dans les domaines de la justice et de la sécurité pour la période 2010-2014

      -. Rapport Eurobaromètre spécial 351: justice civile http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb_special_fr.htm

       -. Portail e‑Justice : https://e-justice.europa.eu/home.do?action=home&lang=fr&sufix=9

      -. Mettre en place un espace de liberté, de sécurité et de justice au service des citoyens européens ‑ Plan d’action mettant en Å“uvre le programme de Stockholm http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:52010DC0171:FR:NOT

      -. Journée européenne de la justice civile http://www.coe.int/t/dghl/cooperation/cepej/events/edcj/default_FR.asp


Filed under: CITOYENNETE EUROPEENNE, Questions institutionnelles

Le Vatican précise et complète sa doctrine concernant les immigrés, sans rien renier de ce qui avait été dit par le pape au cœur de l’été en pleine affaire rom. Rappel du devoir d’accueil

Posted by lf5422 on 27/10/10

Benoît XVI a rappelé, mardi 26 octobre, à l’occasion de la 97e journée mondiale des migrants  la pensée de l’Église catholique sur la question de l’immigration. Toute personne détient le «droit à immigrer» en vue «de meilleures conditions de vie», «les États ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine». Il a ajouté: «Les immigrés ont le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil, en respectant ses lois et l’identité nationale.» Le pape appelle à former « une seule famille humaine ».

Partout dans le monde, le sujet de l’accueil des migrants est ultrasensible. En Italie, en France, aux États-Unis, en Afrique, les épiscopats ont pris position mais pas toujours dans le sens souhaité par les gouvernants, tentés d’ériger des murs de protection ou, à tout le moins, de réguler précisément les flux migratoires en privilégiant les mesures d’ordre sécuritaires ou répressives. Dans ce contexte, dans son message  le pape délivre un message ferme pour ce qui relève du magistère de l’Eglise, mais  un message équilibré. Le pape a confirmé la doctrine traditionnelle de l’Eglise à l’égard des migrants. Nous sommes loin de l’interprétation que tente d’accréditer le journal le Figaro qui par ses titres et sous titre comme par ses commentaire laisserait entendre que le pape serait revenu en partiesur ce qu’il avait dit au mois d’août, qu’il aurait atténué ses propos et que la visite du président Sarkozy à Rome en serait une explication.. Non le pape n’est pas « allé à Canossa » !

En continuité avec ses prédécesseurs, le pape propose d’envisager le monde comme « une seule famille humaine, une seule famille de frères et sœurs dans des sociétés qui deviennent toujours plus multiethniques et interculturelles, où les personnes de diverses religions aussi sont encouragées au dialogue, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence sereine et fructueuse dans le respect des différences légitimes. » Cette famille, unique, explique Benoît XVI, englobe « migrants et populations locales qui les accueillent, et tous ont le même droit de bénéficier des biens de la terre, dont la destination est universelle, comme l’enseigne la doctrine sociale de l’Église. » Il rappelle que Jean-Paul II, à l’occasion de cette même journée des migrants en 2001, avait appelé à considérer « au-dessus de tout égoïsme nationaliste, le droit à émigrer ».

Corollaire de ce devoir d’accueil, poursuit Benoît XVI, « les États ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières, en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine. En outre, les immigrés ont le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil, en respectant ses lois et l’identité nationale. » Cette dernière phrase ne doit pas être sortie de son contexte général pour ne pas en tirer des conclusions pratiques qu’elle ne légitimerait d’ailleurs si elles venaient à être mises en œuvre.

Il faut donc «accueillir les légitimes diversités humaines»  sans oublier bien sûr, que devant «différentes formes de persécutions», écrit le Pape, il arrive «que la fuite devienne nécessaire». Toute la question, pour l’Église, est alors de combattre «le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples» et «tout égoïsme nationaliste» car «il faut aider ceux qui sont contraints de quitter leur maison ou leur terre». Comment? En faisant notamment appliquer «les engagements précis de la communauté internationale» pour assurer le «respect de leurs droits» aux «réfugiés et migrants forcés» mais aussi «de justes préoccupations pour la sécurité et la cohésion sociale». Le message du  Pape rappelle aussi que l’Église catholique promeut «l’accueil chrétien» et l’idéal «d’une seule famille de frères et de sÅ“urs dans des sociétés qui deviennent toujours plus multiethniques et interculturelles, où les personnes de diverses religions aussi sont encouragées au dialogue afin que l’on puisse parvenir à une coexistence sereine et fructueuse dans le respect des différences légitimes».  Implicitement des réponses sont données à des questions comme : droit du sang ou droit du sol, le regroupement familial, le refoulement des réfugiés candidats à une protection internationale, l’exercice du droit d’asile, les aides sociales jusqu’où ? le droit à l’éducation et à la formation, le droit à la santé comment ?

Texte intégral du message de Benoît XVI http://www.la-croix.com/Message-de-Benoit-XVI-pour-la-Journee-mondiale-du-migrant-et/documents/2443851/47602

 


Filed under: Conditions d'accueil des réfugiés, IMMIGRATION, politique d'intégration

Mise à jour du billet précédent: Accord Grèce et Turquie sur l’immigration ! vont-ils finir par s’entendre sur le dossier de l’immigration ? Une épine enlevée du pied de la Commission qui n’a pas ménagé ses efforts ? Mais les reproches réciproques n’ont pas tardé à ressurgir : les accords de réadmission contre la suppression des visas peuvent fournir une « bonne » occasion ? Non finalement ! c’est l’appel au secours de la Grèce qui oblige la Commission ( Cecilia Malmström) à déclencher les mesures d’urgence. Succession d’épisodes peu glorieux pour tout le monde. Une grande inconnue la coopération avec la Turquie. Un bilan très provisoire.

Posted by lf5422 on 26/10/10

 

Grèce et Turquie s’engagent à coopérer sur l’immigration : la  Grèce et la Turquie se sont engagées vendredi  22 octobre à développer leur coopération dans le domaine de la lutte contre l’immigration clandestine et à résoudre leurs contentieux territoriaux.  Mais la Grèce quelques heures plus tard appelle au secours la présidence belge et la Commission…

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui effectuait vendredi 22 octobre sa seconde visite à Athènes en cinq mois, signe de l’amélioration des relations entre les deux pays,  et son homologue grec, George Papandréou, ont  estimé que les deux pays progressaient dans leurs discussions sur la délimitation du plateau continental de l’un et de l’autre. Sur le plan de l’immigration, ils ont décidé de présenter une initiative conjointe à l’Union européenne concernant la lutte contre les franchissements illégaux et un assouplissement des visas pour les Turcs, a ajouté Papandréou.”Après nos discussions, mon ministre des Affaires étrangères et moi-même allons quitter la Grèce satisfaits”, a dit Erdogan.

La France avait appelé la Turquie, il y a quelques jours, à combattre les trafics d’être humains sous toutes leurs formes.  Lors d’une visite à  Chypre le 18 octobre), le ministre français de l’Immigration, Eric Besson, a déclaré que la Turquie devait “faire mieux” en matière d’immigration en protégeant ses frontières et en admettant à nouveau les migrants illégaux, y compris les centaines de prostituées qui travaillent dans le nord de Chypre. La commissaire Malmström a fait un déplacement important en Grèce (cf. Nea say)

Traditionnellement depuis quelques années la Commission appelait la Turquie à faire des efforts, des efforts dignes de son statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne. L’année passé, l’ancien commissaire à la Justice, Jacques Barrot, avait décrit l’immigration illégale via la Turquie comme “un risque pour la démocratie grecque” et avait appelé Ankara à en faire plus pour combattre les trafiquants d’êtres humains (commerce florissant d’esclaves sexuels vers la parie nord de Chypre notamment, des rapports dénoncent l’inaction de la police et des autorités et le pouvoir sans partage de la mafia). M. Barrot avait également accusé la Turquie d’avoir fermé les yeux sur le trafic de migrants illégaux vers la Grèce. Ankara affirme que les migrants viennent de pays tels que l’Irak et le Pakistan et qu’elle ne devrait pas avoir à s’occuper de ceux qui traversent la Turquie pour atteindre la riche UE. La Turquie est restée longtemps sourde aux appels de l’UE et de la Commission en particulier au moment où l’UE a besoin de signes concrets venant de Turquie dans ce domaine et d’autres.

La Grèce , de son côté, a appelle l’UE à l’aide (cf. Nea say). “La Grèce ne peut plus supporter cette situation […] nous appelons l’UE à assumer ses responsabilités vis-à-vis de notre pays”, avait  récemment lancé le ministre chargé de l’immigration, Christos Papoutsis. Une situation insupportable.

La commissaire chargée des affaires intérieures, Cecilia Malmström, qui se trouvait en Grèce le mois dernier, a déclaré qu’Athènes faisait face à un “gigantesque” défi dans sa lutte contre l’immigration illégale.  Cependant Frontex, l’agence européenne basée à Varsovie qui coordonne le travail dans le domaine de la sécurité des frontières, a ouvert un bureau opérationnel en Grèce dans la ville de Pirée le 1er Octobre. Il s’agit des premiers locaux de l’agence en dehors de ses quartiers généraux à Varsovie.(cf. Nea say) et dans son rapport trimestriel Frontex a fait état d’une chute spectaculaire du franchissement illégal des frontières entre les deux pays http://www.frontex.europa.eu/newsroom/news_releases/art68.htm

Mais Ankara réticent à l’idée d’accepter la réadmission.Les citoyens turcs sont sujets au régime des visas pour visiter l’UE. La Turquie exhorte l’Union à mettre en place un programme de facilitation des visas similaire à celui permettant à plusieurs pays des Balkans occidentaux de voyager sans visa en  UE.

Toutefois, ces pays ont dû remplir une condition préalable. Ils ont signé des accords de réadmission avec l’UE où ils étaient d’accord d’admettre sur leur territoire les migrants illégaux qui avaient été capables de se rendre dans les pays membres. La Turquie reste peu enthousiaste à l’idée de la signature d’un tel accord. “Cet accord met la Turquie face à un problème majeur : elle doit décider entre une exemption de visa et les immigrants. Il pourrait s’agir d’une nouvelle tactique alternant la carotte et le bâton de la part de l’UE dans ses négociations avec la Turquie. De sérieux doutes émergent sur la question de savoir si l’UE abolirait réellement ou non les restrictions sur les visa, même si la Turquie était prête à accepter l’accord”, écrit M. Korkut.

Le malentendu, l’inaction, la mauvaise volonté risquait à tout moment de ressurgir. Elle a ressurgit beaucoup plus tôt que prévu. Un instant apaisée par son voyage en Grèce (cf. Nea say) , les propos lénifiants de Frontex et puis cet « accord », Cecilia Malmström aurait pu estimer avoir un peu de temps devant elle. Hélas non

Le gouvernement grec souhaite que l’UE déploie immédiatement “ses équipes frontalières d’intervention rapide” avec le soutien de l’Agence européenne de surveillance des frontières extérieures (Frontex) .La Grèce a demandé à l’Union européenne de déployer des patrouilles de surveillance à la frontière gréco-turque, où un afflux sans précédent de migrants clandestins a été enregistré ces derniers mois, indiqué dimanche le ministre de la Protection du citoyen Christos Papoutsis.

“Un afflux massif de ressortissants de pays tiers tentant de pénétrer illégalement dans le pays avec l’objectif de gagner d’autres pays de l’UE est recensé quotidiennement à la frontière terrestre de la Grèce avec la Turquie”, a indiqué le cabinet de Christos Papoutsis, qui est responsable de la police.Le gouvernement grec souhaite que l’UE déploie immédiatement “ses équipes frontalières d’intervention rapide” avec le soutien de l’Agence européenne de surveillance des frontières extérieures (Frontex), dont les patrouilles maritimes ont contribué à diminuer l’afflux de clandestins par la mer. La Grèce a présenté cette demande dans des lettres adressées à la Commissaire européenne aux Affaires intérieures Cecilia Malmström et au ministre belge de l’Intérieur Annemie Turtelboom, dont le pays assure la présidence de l’UE, a ajouté le cabinet de M. Papoutsis. “La pression croissante des flux de l’immigration illégale sur les frontières grecques est de toute évidence un problème européen qui exige une réponse européenne”, a souligné M. Papoutsis.

L’ONU a appelé cette semaine les pays de l’UE à faire plus pour alléger le fardeau de l’immigration clandestine qui pèse sur la Grèce.A l’issue d’une mission de 10 jours en Grèce, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Manfred Nowak, a notamment dénoncé les conditions de détention “inhumaines” dans les centres de rétention surpeuplés. En 2008, 50% des migrants illégaux arrêtés sur le territoire de l’UE l’ont été en Grèce, mais au cours des huit premiers mois de l’année 2010, ils étaient 90%, selon l’ONU. Selon Frontex, plus des trois quarts des 40.977 personnes interceptées aux frontières de l’UE au cours du premier semestre 2010 entraient en Grèce, principalement en provenance de Turquie.

De façon répétitive, mois après mois, années après années, les mêmes constats, griefs, apaisements, appels au secours selon un cycle infernal et bien connu. Bien entendu Cecilia Malmstrôm ne pouvait que déclencher l’intervention des équipes d’urgence aux frontières (Rabit « Rapid Border Intervention Teams »). Avec quelle efficacité et pour combien de temps ?

Dés dimanche soir dans un communiqué Cecilia Malmström indiquait que Rabit avait été activé….(texte du communiqué http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/10/516&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en )

Maintenant dit le communiqué, pourquoi ce « maintenant » un peu tardif ?”La Grèce va maintenant être en mesure de bénéficier concrètement de la solidarité européenne dans la gestion des frontières extérieures”.Athènes a demandé à l’Union européenne de déployer des patrouilles de surveillance à la frontière gréco-turque, où un afflux sans précédent de migrants clandestins a été enregistré ces derniers mois, a indiqué dimanche le ministre de la Protection du citoyen Christos Papoutsis. Le gouvernement grec souhaite que l’UE déploie immédiatement “ses équipes frontalières d’intervention rapide” avec le soutien de l’Agence européenne de surveillance des frontières extérieures (Frontex), dont les patrouilles maritimes ont contribué à diminuer l’afflux de clandestins par la mer.

La réponse de la Commissaire indiquant qu’elle avait “activé” le mécanisme de liaison avec Frontex “de manière à gérer cette situation d’urgence de la façon la plus rapide et efficace possible”. “La situation à la frontière terrestre gréco-turque est de plus en plus préoccupante, les flux de personnes traversant la frontière clandestinement ont atteint des proportions alarmantes et la Grèce n’est manifestement pas en mesure de faire face à cette situation toute seule”, a dit Mme Malmström. La commissaire européenne s’est déclarée “très préoccupé par la situation humanitaire”.

Bilan provisoire

Il est trop tôt pour le faire : la situation sur le terrain est encore mal connue et les besoins pas encore évalués. Tout semble se concentrer sur une distance réduite de 12, 5 km , pas ou mal surveillée autour de la ville d’Orestiada, une situation difficilement compréhensible à distance. Il reviendra au directeur exécutif de Frontex de déclencher les opérations et il doit le faire dans les cinq jours suivant l’introduction de la demande. C’est la première fois qu’est demandée par la Grèce la mise en œuvre du Règlement 863/2007 qui organise le déroulement des interventions. Se mélangent différents problèmes les uns relevant du maintien de l’ordre, de garantie des droits fondamentaux, d’autres de l’humanitaire. En ce qui concerne le problème récurrent du partage du fardeau, les fonds européens existent et les sommes allouées à la Grèce sont importante. Elle est l’un des plus grands bénéficiaires pour les quatre fonds existants pour la gestion des flux migratoire  (18 millions du fonds européen des réfugiés pour la période2008-2013 aux quels s’ajoutent 8 pour le renforcement de l’accueil  et de la capacité de réception, 20  au titre du Fonds européen pour l’intégration des citoyens des pays tiers, 180 au titre du Fonds pour les frontières extérieures pour la période 2007-2013, 97 au titre  du fonds pour les  retours pour la période 2008-2013). Ces allocations sont-elles suffisantes ? Il est difficile de répondre en toute rigueur en tout cas elles sont loin d’être complètement dépensées. Quant aux centres de rétentions, il est vrai que la situation n’est pas satisfaisante : Euronews a fait état d’une grève de la faim de 35 iraniens, certains d’entre eux ayant cousu leurs lèvres avec du fil de chirurgie pour ne pas avoir à répondre aux questions. La Commission fait valoir que la Grèce a pris des engagements dans son plan d’action, mais il ne faut pas s’attendre à des résultats rapides, elle suit attentivement le déroulé de la feuille de route. La Commission rappelle qu’une procédure d’infraction est engagée contre la Grèce pour non application de la directive asile. En ce qui concerne les opérations Frontex, la Grèce a déjà l’expérience de trois opérations actuellement en cours (Attica, Poseidon, Poseidon sea) et il ne faut jamais perdre de vue qu’elles se déroulent sous la supervision et les instructions de l’Etat demandeur. Surplombant le tout, un non-dit chaque jour un peu plus « criant » : que fait la Turquie ? quels sont les engagements pris  de part et d’autre ? Les questions à son sujet ne reçoivent pas des réponses clarifiantes ou apportant des solutions rapides. Il n’est guère satisfaisant de recevoir comme réponse  que se négocie depuis une assez longue période un accord de réadmission , les négociations progressent, le Conseil Justice et affaires intérieures devrait s’en saisir en novembre.  Certes il est évident que ce serait un instrument utile pour garantir la coopération avec la Turquie dans la lutte contre l’immigration irrégulière à la frontière avec la Grèce. Mais est-ce suffisant ? Il y a six mois l’accord de réadmission avec la Turquie semblant devenir imminent, la députée européenne écologiste Hélène Flautre avait dans un communiqué http://europeecologie.eu/Silence-on-readmet-L-accord-de,1443 appelé l’attention sur le fait que ces négociations se déroulaient en l’absence de transparence vis-à-vis du Parlement européen, pourtant co-législateur, un champ d’application obscur, , les documents de voyage, des incertitudes concernant la date d’entrée en vigueur, le contenu et les preuves de la demande, les délais, l’assistance technique, les principes etc…Disons plus simplement que ce futur accord, quel qu’l soit ne peut être qu’une cote mal taillée aussi longtemps que n’existe pas un accord général multilatéral et non pas une succession d’accords bilatéraux : hier le Pakistan, demain la Turquie et ainsi de suite. Pour le PNR, l’UE semble vouloir s’orienter vers une approche multilatérale et la nécessité ou l’urgence politique ayant leur contrainte, la Commission a indiqué quelle pouvait être une stratégie d’ensemble, des principes généraux valables pour tous ceux qui étaient intéressés par des accords PNR concernant les passagers aériens.

Les jours qui viennent devraient apporter leurs lots d’informations et d’avancées au moins partielles tant le problème est ancien. Seront-elles durables et pourrions nous, enfin, n’avoir pas à renier des écrits vieux d’à peine six mois : ainsi avions nous écrit le16 mai dernier « apaisement sur le front greco-turc, un accord en vue en matière  de réadmission »  encouragé par la déclaration de Cecilia Malmström à la sortie du Conseil des ministres  du 10 mai « un accord est sur le point d’être conclu »….

Texte du Règlement 863/2007 concernant Rabit : création d’équipes d’intervention rapide aux frontières définissant les tâches et compétences des agents invités (FR) http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2007:199:0030:01:FR:HTML

 (EN) http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2007:199:0030:01:EN:HTML

 


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Mise à jour du billet précédent: Rebondissement dans la politique de suppression des visas : visite du secrétaire d’Etat belge à l’immigration dans les Balkans. Afflux massif de demandes d’asile. Vers une guerre des visas ? Etats-Unis, Russie, où en est-on ? L’appel européen sera-t-il mis en œuvre par les autorités serbes et macédoniennes.

Posted by lf5422 on 26/10/10

Le secrétaire d’Etat à l’immigration belge “constate depuis quelques mois un afflux massif de demandes d’asile en provenance des Balkans”. La Belgique s’estime confrontée à un nouvel “afflux massif” de réfugiés en provenance des Balkans, un phénomène que le secrétaire d’Etat belge à l’immigration a tenté d’endiguer au cours de son voyage en Serbie et en Macédoine .

“On peut constater depuis quelques mois un afflux massif de demandes d’asile en provenance des Balkans. Sur la période juillet-septembre 2010, on recense 423 dossiers pour le Kosovo (736 personnes), 156 dossiers pour la Serbie (387 personnes), 129 dossiers pour la Macédoine (210 personnes), soit un total de 1 333 personnes”, explique dans un communiqué le secrétaire d’Etat à l’immigration, Melchior Wathelet que rapportent la presse et les agences de presse belge.

Ce phénomène se poursuivant en octobre, “on pourrait s’approcher de 2 000 personnes sur les quatre mois”, ajoute le communiqué. Au début de l’année, alors que 700 Macédoniens et Serbes, en général issus des minorités roms ou albanophones, avaient déjà introduit des demandes, le premier ministre Yves Leterme et Melchior Wathelet s’étaient rendus dans les Balkans pour expliquer que la Belgique est “un pays prospère, mais pas un Eldorado”. Après cette visite, il y a eu une “grosse chute” des demandeurs d’asile en provenance de ces pays mais la tendance s’est ensuite inversée.

Or, “si chaque dossier est examiné de manière individuelle, l’asile n’est jamais donné en Belgique pour des raisons économiques”, selon M. Wathelet. Dans le journal flamand De Standaard, il dénonçait mercredi les “filières” qui font croire à ces gens qu’ils “recevront de l’argent en Belgique”. “On ne peut laisser les gens entreprendre un périple sur la base d’une mauvaise information, trajet périlleux qui à l’arrivée se traduit souvent par un refus. D’autant qu’ils ont généralement vendu leurs biens sur place pour payer le voyage au réseau”, souligne encore le secrétaire d’Etat belge.Après la Serbie, M. Wathelet se rendra en Macédoine. Il envisage également une visite au Kosovo. Outre la Belgique, l’Allemagne, la Suède et la Norvège notamment sont confrontées à ce phénomène, selon M. Wathelet.

Ces faits interviennent au moment où l’Union européenne accentue sa politique de suppression de l’obligation de visas (cf. Nea say N° 94, 95) ce qui interpelle sérieusement les institutions européennes et au premier rang la Commission européenne. Inquiète, la Commission européenne  demande à la Serbie et à la Macédoine de dissuader leurs ressortissants de demander l’asile dans les pays de l’UE sous peine de se voir à nouveau imposer une obligation de visa et une nouvelle fois  de bien faire comprendre aux demandeurs de visa qu’une suppression de l’obligation de visa n’équivaut pas à un permis de séjour, de résidence, de travail, d’établissement “Cette tendance est extrêmement préoccupante et pourrait compromettre l’entier processus de libéralisation des visas pour les pays de la région”, a averti Cécilia Malmström,  la commissaire en charge de la sécurité.

L’obligation de visas a été levée en décembre 2009 pour les ressortissants de la Serbie, de la Macédoine et du Monténégro souhaitant se rendre dans les 25 pays de l’espace Schengen après que l’UE ait reçu toute sorte de garanties, y compris sur le plan de l’information des populations. Des négociations sont en cours et étaient sur le point d’aboutir après la récente résolution législative du Parlement européen sur  la levée de l’obligation de visas pour les ressortissants albanais et bosniens se rendant dans l’espace Schengen. Au niveau des discussions au sein du Conseil, la France, en pleine affaire des Roms, a fait valoir des objections ou des craintes. Cette situation apporte de l’eau au moulin de la France. Elle intervient où l’UE durcit sa position vis-àvis des Etats-Unis qu’elle accuse de vouloir rétablir subrepticement et de façon déguisée les visas et au même moment où, lors de la rencontre tripartite, France, Allemagne, Russie, France et Allemagne ont affiché sue certaine unité de vue concernant la politique des visas  pour les Russes. Sans préjuger des négociations en cours au niveau européen (la politique des visas relève de la compétence de l’Union) les deux pays se sont prononcés pour leur suppression vis-à-vis de la Russieé : « Angela Merkel comme moi nous savons que la question des visas est importante pour nos amis russes » a souligné Nicolas Sarkozy. Il estime qu’il sera possible d’arriver « dans des délais les plus raisonnables possibles » à leur suppression, la France pouvant aller plus vite sur le plan bilatéral. « J’ai compris que la Russie ne souhaite pas qu’on repousse cela aux calendes grecques » elle a rappelé que l’Allemagne avait déjà introduit des allégements pour des visas de courte durée. Tout en reconnaissant que tout ne pouvait se faire immédiatement ; il a souhaité une réunion avec la Commission et espère des avancées pour le prochain sommet de décembre.

La fermeté des autorités européennes (présidence et Commission : les demandeurs d’asile serbes seront expulsés) va-t-il produire ses effets. Toujours est-il que le ministre de l’intérieur serbe, Ivica Dacic à appeler ses concitoyens serbes à ne pas se rendre dans les pays de l’Union européenne pour demander l’asile au risque d’être tous expulsés en Serbie, l’asile ne sera pas accordé. La Suède, la Belgique et l’Allemagne (plus particulièrement la Bavière d’où la présence de la Ministre d’Etat Emilia Müller au côté de Melchior Wathelet) mais aussi la Norvège. La plupart de ces demandeurs sont d’origine Rom. Le ministre Dacic a indiqué que Belgrade allait prendre des mesures et renforcer les contrôles aux frontières : » deux millions sept cent mille citoyens de Serbie ont déjà leur passeport biométrique qui leur permet de voyager dans l’espace de Schengen, il serait tragique de remettre la levée de l’obligation de visa en question », a-t-il argumenté. De son côté Melchior Wathelet a insisté sur le fait qu’une éventuelle annulation de la levée de l’obligation de visa pour les citoyens serbes n’est pas à l’ordre du jour, mais il a été très clairs dans ses propos : si les serbes tentaient d’obtenir l’asile dans l’UE, ils ne seront jamais reconnus en tant que réfugiés. A Skopje, le même discours a été tenu et avec la même mise en garde à l’égard des citoyens de l’ARYM.

Même discours du côté de la Commission : le porte-parole de Cecilia Malmström a rappelé le contenu de la lettre adressée aux autorités serbes et macédoniennes, dénoncé les « agences » de passeurs et donneurs de faux renseignements. Les pays de départ doivent remplir leurs obligations et prendre leurs responsabilités. Le même phénomène avait eu lieu en début d’année et n’est donc pas ignoré des autorités. En matière d’asile, les décisions, a-t-il rappelé, se prennent au cas par cas après vérification que les conditions sont bien remplies.

Maintenant c’est l’attente….des résultats, tangibles et durables.

Rappelons que la Belgique a fait de l’asile et de l’immigration une priorité de sa présidence comme elle l’annonçait sur son site http://www.europarl.europa.eu/meetdocs/2009_2014/documents/libe/dv/be_eu_asylum_migration_/be_eu_asylum_migration_fr.pdf. Le compte à rebours de la fin de sa présidence a déjà commencé. Ajoutons que la réunion ministérielle du 23-24 novembre prochain UE-Balkans occidentaux pour les questions de Justice et des Affaires intérieures sera décisive pour le problème des visas et les autres.


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Mise à jour du billet précédent: Quelle justice avec quels moyens en Europe ? Une fois de plus le Conseil de l’Europe épingle la France pour ses dépenses particulièrement faibles en matière de justice.

Posted by lf5422 on 26/10/10

Pauvreté de la justice française, Nea Say a malheureusement déjà eu l’occasion d’attire l’attention sur le contenu des rapports de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) aux rapports toujours excellents. D’une façon générale l’Europe ne dépense pas assez pour sa justice et  la France reste en queue du peloton des pays européens les plus riches pour le budget alloué à la justice, qui n’a que faiblement progressé entre 2006 et 2008., révèle une étude du Conseil de l’Europe rendue publique lundi 25 octobre à l’occasion de la Journée européenne de la justice civile.

Avec 57,7 euros par habitant consacrés aux tribunaux, au ministère public et à l’aide judiciaire en 2008, elle se classe 18e sur 43, derrière la plupart des pays d’Europe de l’Ouest, Grèce et Portugal exceptés. Sur le critère du pourcentage du produit intérieur brut (PIB) consacré à la justice, la France se classe 37e, derrière tous les pays de richesse comparable, à l’exception de la Finlande. Le budget de la justice française n’a progressé que de 0,8% entre 2006 et 2008, soit l’une des évolutions les plus lentes d’Europe. L’effort a néanmoins été de 10% pour le fonctionnement des tribunaux.

Le rapport de la Cepej n’établit pas de classement de systèmes judiciaires en Europe, car les pays présentent des « situations historiques, géographiques, économiques et judiciaires diverses ». Première observation : la France consacre deux fois moins d’argent aux tribunaux, aux parquets et à l’aide juridictionnelle que l’Allemagne. Un résultat qui s’explique en partie, selon Jean-Paul Jean, par une plus grande professionnalisation des juges outre-Rhin, mais aussi par le fait que « le budget pénitentiaire – non pris en compte ici – représente 36% du budget de la justice en France. C’est tant d’argent en moins pour les tribunaux et les parquets ». Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la justice, note quant à lui que l’organisation régionale de la justice en Allemagne accroît les dépenses. « Ce n’est pas parce qu’un système est plus coûteux qu’il est plus efficace », souligne-t-il. Au ministère de la justice, on fait aussi valoir que le budget global de la justice a cru de 58% entre 2002 et 2011. Jean-Paul Jean reconnaît ces efforts, mais explique qu’ils « ne suffisent pas à combler le retard structurel de la France » par rapport à des États ayant connu une dictature ou un régime totalitaire, « qui ont beaucoup investi pour instaurer l’État de droit ». Autre faiblesse, la France compte moins de procureurs par 100 000 habitants que la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, l’Autriche ou l’Italie. Pourtant, « les procureurs français sont en Europe ceux qui ont les prérogatives les plus larges », indique Jean-Paul Jean. D’où « des parquets très chargés ».

Le rapport de la Cepej met aussi en évidence plusieurs points forts du système judiciaire français. La France fait partie des cinq pays du Conseil de l’Europe où l’accès à la justice est gratuit. Elle se distingue aussi par une politique volontariste en matière d’aide aux victimes, par l’existence d’alternatives efficaces aux poursuites, et par un niveau élevé d’informatisation. 

Le quatrième rapport de la CEPEJ sur les systèmes judiciaires européens, insiste cependant sur la nécessité de relativiser les données des Etats les plus riches. Elles peuvent “apparaître, à tort, comme allouant un faible montant du budget au système judiciaire à cause du niveau élevé de leur PIB”, soulignent les auteurs du rapport. En pourcentage du PIB par habitant, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine font ainsi course en tête, laissant la majorité des pays les plus développés loin derrière.

“Un système judiciaire dans lequel on n’investit pas un minimum de ressources ne fonctionne pas mais l’inverse n’est pas vrai. Le budget ne suffit pas”, souligne Stéphane Leyenberger, secrétaire de la Cepej. L’Italie se signale ainsi par le niveau élevé de ses dépenses judiciaires et par des durées de procédure dont la longueur lui attire  régulièrement critiques et condamnations devant le Conseil de l’Europe.

Les faiblesses budgétaires de la France en matière de justice se traduisent au niveau du nombre de juges et de procureurs pour 100.000 habitants, respectivement 9, 1 et 3, l’un des ratios les plus faibles en Europe. Un indicateur de productivité publié par la Cepej montre qu’en matière de procédures civiles contentieuses, le stock de procédures pendantes devant les tribunaux français s’est accru de 5,7% en 2008. La Cepej note que si la crise économique n’a pas eu d’impact direct sur le budget de la justice française, celle-ci est confrontée à “un effet de ciseaux entre une évolution négative ou stagnante des crédits et une évolution croissante des besoins”.

L’Edition 2010 du rapport utilise des données de l’année 2008 concernant 45 Etats membres. Ce rapport a été adopté par la CEPEJ lors de sa 15ème réunion plénière (9–10 septembre 2010) et publié le 25 octobre 2010, lors de la Journée européenne de la Justice civile à Ljubljana (Slovénie).

La version intégrale du rapport, de même que toutes les données communiquées par les Etats membres sont disponibles sur le site du Conseil de l’Europe (www.coe.int ) Les réponses nationales contiennent aussi des descriptions des systèmes judiciaires et des explications qui contribuent pour beaucoup à la compréhension des données fournies. Elles constituent donc un complément utile au rapport qui, dans un objectif de concision et d’homogénéité, ne peut pas intégrer toutes ces informations. Une véritable base de données des systèmes judiciaires des Etats membres du Conseil de l’Europe est ainsi aisément accessible à tout citoyen, décideur public, praticien du droit, universitaire et chercheur.

Le rapport comprend de nombreux tableaux statistiques et graphiques.

Toutes les données communiquées par les Etats membres sont disponibles sur le site Internet de la CEPEJ. Les réponses nationales contiennent aussi des descriptions des systèmes judiciaires et des explications qui contribuent pour beaucoup à la compréhension des données fournies. Une véritable base de données (unique en son genre) des systèmes judiciaires des Etats membres du Conseil de l’Europe est ainsi aisément accessible à tout citoyen, décideur public, praticien du droit, universitaire et chercheur.

1. Dépenses publiques consacrées aux tribunaux, au ministère public et à l’aide judiciaire

Il existe, selon les Etats, des modes de financement communs ou distincts des juridictions, des ministères publics et de l’aide judiciaire. Ces trois éléments ont été décomposés au maximum pour permettre des comparaisons, non seulement des moyens alloués aux fonctions de poursuite ou de jugement, malgré la différence d’organisation des systèmes, mais aussi des montants attribués à l’accès à la justice. Ces données permettent donc une vue globale des budgets concernant la plupart des Etats membres du Conseil de l’Europe. Il convient ici de relativiser les données des Etats les plus riches, qui peuvent apparaître, à tort, comme allouant un faible montant du budget au système judiciaire à cause du niveau élevé de leur PIB. C’est notamment le cas de la Norvège, du Luxembourg, de la Finlande, voire de la France. Ce fait doit être pris en compte si l’on veut établir des comparaisons pertinentes qui ne peuvent être effectuées qu’entre pays comparables. (cf. les groupes de pays à niveau équivalent de PIB par habitant, graphique 2.27 du rapport).

      -. Graphique 1. Budget public annuel total alloué à l’ensemble des tribunaux, au ministère public et à l’aide judiciaire par habitant en 2008, en €

       -. Graphique 2. Budget public annuel total alloué à l’ensemble des tribunaux, au ministère public et à l’aide judiciaire et en pourcentage du PIB par habitant, en 2008 (Q6, Q13, Q16)

Le développement du système judiciaire reste une priorité des pouvoirs publics en Europe, même si de grandes disparités sont à constater entre les Etats ou entités membres. La plupart des Etats européens ont connu une hausse de leurs budgets consacrés au système judiciaire jusqu’en 2008 – seuls 4 Etats membres ont connu des budgets en baisse jusqu’en 2008. Les Etats qui se sont tournés plus récemment vers un système démocratique et ont engagé de grandes réformes structurelles de leur système judiciaire sont souvent ceux qui fournissent un effort budgétaire conséquent et consacrent au fonctionnement du système un budget public important au regard du niveau de richesse de l’Etat. Il conviendra toutefois de suivre les évolutions de cet effort budgétaire consacré aux tribunaux, au ministère public et à l’aide judiciaire en Europe pour mesurer les effets de la crise financière et économique de 2009 / 2010. A en croire les premiers indicateurs de tendance, on peut craindre, au niveau européen, que le rythme de progression des budgets consacrés à la justice, comme tous les budgets publics, ralentisse significativement, voire que la courbe ne s’inverse.

Pour une majorité d’Etats en Europe, les frais de procédure perçus par les tribunaux constituent une ressource financière non négligeable, permettant pour certains de couvrir une majeure partie des frais de fonctionnement des tribunaux, voire pour quelques uns de dégager un résultat bénéficiaire qui provient pour beaucoup des ressources liées à la tenue des registres du commerce et foncier. Un tel système, s’il est accompagné d’un dispositif efficace d’aide judiciaire permettant l’accès au tribunal aux justiciables qui n’en auraient pas les moyens, s’inscrit dans la tendance actuelle en matière de gestion publique visant à rééquilibrer en partie la charge des frais de fonctionnement des services publics entre usagers et contribuables.

2. Accès à la justice :   

      -. Graphique 3. Nombre d’affaires bénéficiant de l’aide judiciaire pour 100 000 habitants et montant moyen alloué par affaire par le budget public de l’aide judiciaire en 2008

 Tous les Etats membres disposent désormais d’un système d’aide judiciaire, au minimum en fournissant une aide judiciaire pour permettre une représentation légale en matière pénale. La tendance qui se confirme en Europe est d’aller au-delà de cette exigence, en ne limitant pas l’aide judiciaire aux affaires pénales. Les budgets consacrés à l’aide judiciaire en Europe sont globalement en augmentation (+ 23 % entre 2004 et 2008). Le montant attribué par l’Etat pour une affaire varie toutefois énormément selon les Etats. , tout comme le nombre d’’affaires éligibles à l’aide judiciaire. Certains Etats ont fait le choix de consacrer des montants importants par affaire en limitant le volume d’affaires concernés, d’autres ont fait le choix inverse. Un groupe d’Etats ou entités (Finlande, Pays-Bas, Angleterre et Pays de Galles (RU), Irlande du Nord (RU) et Ecosse (RU)) se montre généreux tant au niveau des montants alloués que du nombre d’affaires concernées. Plusieurs Etats d’Europe centrale et orientale qui ne connaissaient pas de système d’aide judiciaire il y a quelques années sont résolument investis dans le développement de tels systèmes, ce qui constitue une tendance encourageante depuis le dernier exercice d’évaluation.

      -. Graphique 4. Part des frais (ou taxes) de justice dans le budget des tribunaux (en recette) en 2008, en %

A l’exception de 5 Etats qui appliquent le principe de la gratuité des frais d’accès au juge (Espagne, France, en Islande, Luxembourg et Monaco), tous les autres tirent une partie des recettes du budget du système judiciaire des frais et taxes, perçus notamment en matière de registres fonciers et commerciaux, dans des proportions plus ou moins importantes. L’Autriche dégage même un solde positif.

3. Les usagers des tribunaux (droits et confiance du public)

De plus en plus les citoyens ou professionnels du droit accèdent, de façon simple et gratuite, par voie électronique, aux informations relatives aux données juridiques, à l’activité des tribunaux et aux procédures judiciaires. Seuls quelques pays ont mis en place des dispositifs spécifiques pour informer les usagers (potentiels) sur les délais prévisibles d’une procédure judiciaire.

En ce qui concerne les personnes vulnérables, les victimes de viols, les enfants et mineurs délinquants sont les catégories les plus protégées par les procédures judiciaires. Cette protection consiste surtout en la mise en place, pour ces catégories, de modalités spécifiques d’information et de droits procéduraux adaptés à leur situation. La plupart des pays disposent aussi de procédures d’indemnisation des victimes.

Pour protéger les usagers des dysfonctionnements des tribunaux, les systèmes judiciaires ont établi des procédures d’indemnisation. Dans 26 Etats ou entités, il existe un système d’indemnisation en cas de durée excessive des procédures, et dans 20 Etats ou entités, en cas de non-exécution des décisions de justice. La quasi-totalité des pays prévoient une indemnisation en cas d’arrestation ou condamnation non justifiée.

Une attention croissante est portée en Europe aux attentes et besoins des usagers des tribunaux. Dans une large majorité des Etats, les tribunaux produisent des rapports annuels et disposent de systèmes de suivi pour mesurer et gérer les flux d’affaires et les délais des procédures. On note que sont de plus en plus appliquées les techniques et méthodes inspirées du new public management impliquant la définition d’objectifs chiffrés et l’évaluation des performances, voire l’affectation des moyens aux juridictions en fonction des résultats obtenus. Des indicateurs de performance élevée et de qualité sont de plus en plus utilisés. Mais un nombre très limité de pays européens mettent en Å“uvre des systèmes globaux de qualité. Cette tendance devrait aller en se développant dans les prochaines années.

L’enquête-type et le guide méthodologique proposés par la CEPEJ devraient faciliter dans l’avenir la réalisation de ces enquêtes conduites auprès des usagers des juridictions pour améliorer la qualité du service public de la justice.

      -. Graphique 5. Enquêtes menées mesurant la confiance et la satisfaction des usagers ou des professionnels de la justice

4. Les tribunaux

      -.Graphique 6. Nombre total de tribunaux (implantations géographiques) pour 100 000 habitants en 2008

Considérant l’évolution du nombre de tribunaux de première instance en Europe, il est difficile de constater une forte tendance en ce qui concerne l’organisation de la carte judiciaire. Bien que la majorité des Etats n’ait pas modifié leur organisation de la justice entre 2004 et 2008, certains d’entre eux (13) ont diminué le nombre de tribunaux et d’autres (9) l’ont augmenté. Parmi les Etats qui ont modifié leur carte judiciaire, la tendance principale concernant l’organisation des tribunaux en Europe de l’Ouest et du Nord serait plutôt en faveur de la limitation du nombre de tribunaux, à la fois pour des raisons budgétaires, mais aussi en vue de plus d’efficacité par la spécialisation. Au contraire, la tendance majoritaire dans les Etats d’Europe orientale, qui ont mis en Å“uvre de grandes réformes judiciaires, va vers une augmentation du nombre des tribunaux pour faciliter l’accès au tribunal pour les citoyens.

       -. Graphique 7. Niveau d’équipement informatique pour l’assistance au juge et au personnel non juge des tribunaux

Le développement de l’e-justice et de l’e-tribunal constitue une forte tendance et les Etats qui étaient à la traine dans l’évaluation précédente ont récemment investi dans les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). On note dans un grand nombre d’Etats des réformes récentes ou en cours dans des domaines tels que les registres électroniques, les bases de données des décisions judiciaires, les dossiers électroniques judiciaires et les signatures électroniques ou les systèmes de gestion des affaires. L’utilisation des TIC va continuer à se développer dans les systèmes judiciaires pour accroître l’efficacité et la qualité. Ainsi sont appelés à se développer la visio-conférence, la possibilité d’utiliser des formulaires électroniques (d’enregistrement) ou d’échange de documents ou de pièces entre les parties, les avocats et le tribunal de manière électronique) ou le recouvrement de créances incontestées en utilisant Internet. A condition de toujours permettre le débat judiciaire dans de bonnes conditions et de respecter les droits de la défense, le développement de l’e-justice peut avoir un effet positif sur l’accès à la justice; il peut contribuer à limiter les stocks d’affaires pendantes, à raccourcir les délais de procédure ou au moins à en améliorer la prévisibilité.

5. Mesures alternatives au règlement des litiges

L’accès à la justice peut également être facilité par la promotion de mesures alternatives au règlement des litiges (Alternative Dispute Resolution – ADR). Elles permettent de limiter le besoin de se rendre au tribunal et impliquent d’autres professionnels que les juges.

      -. Tableau 8. Médiation judiciaire en matière civile et commerciale en 2008

 La médiation (conseillée, mise en Å“uvre ou homologuée par la justice) se développe en Europe, tant au niveau du nombre de pays qui y ont recours que du nombre de médiateurs accrédités. La médiation est utilisée avec succès dans le domaine du droit de la famille (divorce), des litiges commerciaux et en matière pénale (procédures d’indemnisation des victimes). Un nombre croissant d’Etats membres accordent une aide judiciaire pour recourir à la médiation. Il convient toutefois de noter que d’autres formes d’ADR sont également largement mises en Å“uvre dans certains Etats membres, tels que l’arbitrage ou la conciliation.

6. Les juges

Pour mieux tenir compte de la diversité des statuts et des fonctions que peut regrouper le même terme “juge”, trois types de juges ont été définis dans le rapport de la CEPEJ. Les juges professionnels sont “ceux qui ont été formés et qui sont rémunérés comme tel”. Les juges professionnels sont ceux qui « siègent sur une base occasionnelle » (et qui sont rémunérés). Les juges non professionnels (bénévoles indemnisés pour leurs frais), rendent des décisions contraignantes dans les tribunaux. Il s’agit des postes effectivement pourvus et en « équivalent temps plein » (ETP) pour les juges professionnels, pour ceux qui exercent à titre permanent comme pour ceux qui exercent à titre occasionnel.

      -. Graphique 9. Nombre de juges professionnels siégeant en juridiction (ETP) pour 100 000 habitants, en 2008

D’une manière générale, les systèmes judiciaires des Etats membres du centre et de l’est de l’Europe fonctionnent avec un ratio de juges par habitant supérieur à celui des Etats de l’Europe occidentale. On note en Europe une tendance majoritaire à la stabilité des effectifs sur la période 2004-2008, même si les réformes structurelles ou organisationnelles dans certains Etats membres tendent à réduire la proportion de juges professionnels permanents dans quelques Etats ou entités (Suède, Suisse, Ecosse (RU)), certains faisant appel à des juges siégeant occasionnellement. A l’inverse, certains Etats en transition poursuivent leurs réformes en augmentant les ressources humaines dédiées à la fonction de jugement (Azerbaïdjan, Bosnie-Herzégovine, Arménie, Fédération de Russie, “l’ex-République yougoslave de Macédoine”). L’influence de l’adhésion récente ou de la candidature à l’Union européenne peut être une explication de cette tendance à la hausse du nombre de juges (Bulgarie, Slovénie, Lettonie, Turquie, Slovaquie, Lituanie).

La composition du corps judiciaire entre juges professionnels, juges occasionnels et juges non professionnels caractérise fortement les différents types de système judiciaire. Certains systèmes sont entièrement professionnalisés, ou font rarement appel à des juges non professionnels, alors que d’autres systèmes (nord de l’Europe) s’appuient largement sur des juges non professionnels. Pour les Etats connaissant la coexistence de juges professionnels et non professionnels, l’évolution semble aller majoritairement vers une accentuation de la professionnalisation du corps judiciaire. L’Europe est partagée quant au recours à des jurys populaires, un clivage se dessinant assez clairement entre l’Europe occidentale (outre l’Azerbaïdjan et la Fédération de Russie), favorable à un tel système pour des types d’affaires donnés (généralement pour les infractions pénales les plus graves), et l’Europe centrale et orientale, dont les Etats ne prévoient pas de tel système.

7. Les personnels non juge des tribunaux

Une distinction est opérée entre quatre types de personnels non juge. Une catégorie spécifique de personnel non juge est celle des “Rechtspfleger”, inspirée du système germanique. Le personnel non-juge dont la fonction est d’assister les juges directement. La troisième catégorie de personnel non juge comprend les personnes responsables des questions administratives ainsi que de la gestion des tribunaux. La dernière catégorie concerne le personnel technique des tribunaux.

Note pour la France et la Grèce qui n’ont pu distinguer les catégories, il s’agit du nombre de juges professionnels ou procureurs vs. nombre de personnels non juge et non procureur.

      -. Graphique 10. Répartition du personnel non juge dans les tribunaux

Les chiffres concernant le personnel non-juge dans les tribunaux ont été assez stables entre 2004 et 2008. Dans la plupart des Etats membres, la majorité du personnel non juge travaillant dans les tribunaux est chargé d’assister directement les juges. Mais d’importantes disparités entre les pays peuvent être soulignées concernant le personnel non- juge dans les tribunaux. Dans 14 Etats, le personnel non juge de type Rechtspfleger est doté de compétences propres quasi judiciaires, ce qui peut influencer l’organisation du corps judiciaire.

      -. Graphique 11. Nombre de personnels non juge par juge professionnel

8. Activité des tribunaux et procès équitable

A partir des informations disponibles à ce stade du processus d’évaluation, la CEPEJ est en mesure de tirer des premières conclusions de l’analyse des deux principaux indicateurs qu’elle a mis en place. Le taux de variation du stock d’affaires pendantes (clearance rate) est obtenu en divisant le nombre d’affaires terminées par le nombre de nouvelles affaires et en multipliant par 100 le résultat obtenu :

Un clearance rate qui s’approche de 100% signifie que le système judiciaire est en mesure de terminer à peu près autant d’affaires qu’il en reçoit de nouvelles dans la période considérée. Un clearance rate supérieur à 100% signifie que le système judiciaire est capable de traiter un nombre plus élevé d’affaires que les affaires qui arrivent effectivement dans le système et, le cas échéant, de réduire le stock d’affaires déjà existant. Le clearance rate montre précisément la capacité du tribunal et du système judiciaire à faire face aux flux d’affaires entrantes.

La durée estimée d’écoulement du stock d’affaires pendantes (disposition time) donne une idée encore plus large de la capacité des systèmes judiciaires à faire face au flux d’affaires entrantes. Ce ratio permet de comparer le nombre d’affaires terminées dans une période donnée par rapport au nombre d’affaires pendantes à la fin de la période prise en considération. Les ratios mesurent la fréquence avec laquelle un système judiciaire (ou un tribunal) remplace le nombre d’affaires reçues – ou plus précisément le délai nécessaire pour mener à leur terme un certain type d’affaires.

L’analyse des données actuellement disponibles permet de souligner que les tribunaux de première instance en Europe s’adaptent, globalement, mieux aux flux des affaires pénales qu’à ceux des affaires civiles.

      -. Graphique 12. Clearance rate du stock d’affaires pendantes civiles (et commerciales) contentieuses et non contentieuses en 2008, en%

       -. Graphique 13. Disposition time et clearance rate des affaires civiles (et commerciales) contentieuses dans les tribunaux de première instance en 2008

En lisant les résultats présentés sur la carte, les systèmes de tribunaux de première instance les plus efficaces en matière civile (et commerciale), qui ne génèrent pas d’arriéré judiciaire (clearance rate égal ou supérieur à 100%) et sont capables de résoudre rapidement une affaire, se trouvent en Fédération de Russie et en Géorgie. Les indicateurs montrent que l’Azerbaïdjan, l’Autriche, la Norvège, la République tchèque, la Suisse, la Hongrie et la Suède ont des tribunaux civils (commerciaux) de première instance relativement efficaces. Au contraire, les tribunaux de première instance ont plus de difficultés à résoudre les affaires entrantes en Lettonie et en Espagne. Pour l’Espagne, bien que les taux pour 2008 aient augmenté par rapport à 2007 de 6,4% et 6,9% pour les affaires civiles et commerciales respectivement, ceci n’a pas été suffisant pour couvrir les effets d’une grève prolongée du personnel administratif des tribunaux qui a eu lieu en 2008 dans un contexte d’augmentation importante des nouvelles affaires civiles (19,5%) et commerciales (26,7%), en parallèle au début de la crise économique, qui a exigé la mise en Å“uvre de moyens supplémentaires.

Sur les 9 Etats qui ont les indicateurs de disposition time les plus élevés, seulement 3 (Slovaquie, Slovénie et Croatie) ont un clearance rate égal ou supérieur à 100%. 6 autre Etats (Lettonie, Portugal, Italie, Monaco, Bosnie-Herzégovine et Malte) n’atteignent pas un clearance rate de 100% pour les affaires civiles contentieuses. Sous réserve d’analyses plus fines, les citoyens semblent être plus procéduriers dans les Etats d’Europe centrale et orientale, les Etats du Sud-est et du Sud de l’Europe, que dans les pays du Nord de l’Europe et les Etats du Caucase. L’activité des tribunaux varie entre les Etats selon que ceux-ci ont à traiter ou non d’affaires civiles non contentieuses (ceci est principalement lié à la tenue ou non des registres fonciers et du commerce par les tribunaux), dont les volumes peuvent eux aussi varier. Mais d’une manière générale, les affaires non contentieuses, si elles peuvent alourdir la charge de travail de tribunaux, sont rarement la cause du manque d’efficacité des juridictions.

Les situations en matière de traitement des affaires divergent de manière significative entre les Etats ou entités membres. Avoir à traiter un volume élevé d’affaires n’est pas en soi un obstacle au bon fonctionnement des tribunaux, certains Etats parvenant à traiter relativement rapidement des volumes d’affaires conséquent. Certains Etats sont en mesure d’absorber les flux d’affaires entrantes et/ou de résorber l’arriéré judiciaire, alors que d’autres voient les stocks d’affaires pendantes s’accroître. Entre ces deux catégories, il convient de noter les Etats dont l’efficacité de traitement des affaires tend à décroître, même si, à ce stade, ils sont encore capables de faire face aux flux de nouvelles affaires; pour ces Etats, il convient de suivre attentivement l’évolution des indicateurs, qui clignotent actuellement à l’orange (points de vigilance). On peut souligner en particulier l’amélioration des performances des tribunaux de plusieurs Etats en transition (notamment Géorgie, Fédération de Russie), pour lesquels les réformes en cours et l’investissement dans leur système judiciaire semblent conduire à des résultats encourageants.

      -. Graphique 14. Durée moyenne des procédures de divorce contentieux en première instance entre 2004 et 2008, en nombre de jours

Un allongement de la durée de procédure ne signifie pas nécessairement que les tribunaux ont perdu en efficacité. Ceci peut être lié à un bouleversement dans la nature du contentieux. Le nombre relatif d’affaires de divorce contentieux (rapporté au nombre total d’affaires de divorce) décroît rapidement aux Pays-Bas en raison de l’évolution de la société et de la politique de divorce. En 1993, encore 80% des affaires de divorce étaient contentieuses. En 2008, les divorces contentieux ne représentaient plus que 30% du total des affaires de divorce. Par conséquent, seules les affaires de divorce particulièrement difficiles sont considérées comme “divorces contentieux”. Ces affaires complexes doivent être traitées de manière intensive par un juge. La durée moyenne des affaires de divorce contentieux est alors de plus en plus longue, bien que le nombre d’affaires à traiter par les tribunaux ait sensiblement diminué. Cela ne signifie évidemment pas que les juges sont devenus moins productifs et apportent une moins bonne réponse judiciaire aux usagers. Le même contexte est également pertinent pour interpréter la durée des procédures de divorce contentieux en France.

En tout état de cause, une analyse comparée de la durée des procédures de divorce contentieux ne peut être faite sans tenir compte des spécificités propres à la procédure de divorce dans différents pays.

Une façon d’augmenter l’efficacité des procédures judiciaires réside dans l’introduction de procédures simplifiées. Ces procédures sont souvent moins coûteuses et le processus de décision par les tribunaux est plus court. Une des procédures civiles simplifiées les plus répandues est liée aux créances incontestées. Pour les affaires de droit pénal et administratif, il est également possible d’appliquer des procédures simplifiées.

      -. Graphique 15. Affaires pour lesquelles sont appliquées des procédures simplifiées

Sur les 46 Etats membres ou entités ayant répondu, 43 utilisent des procédures simplifiées en matière civile (petites créances) et 43 appliquent ces procédures aux affaires pénales (contraventions). 14 Etats ou entités ont adopté des dispositions pour des procédures simplifiées dans les affaires administratives.

9. Procureurs

Tous les Etats membres connaissent, sous des dénominations différentes, une autorité publique chargée, notamment, de qualifier et d’engager les poursuites pénales. Dans tous les pays européens, le procureur joue un rôle important en matière d’affaires pénales. Dans la majorité des Etats membres, il exerce également des fonctions en matière civile et parfois même en matière administrative. Un autre aspect important à prendre en considération est le niveau d’autonomie des procureurs. Dans certains pays ils bénéficient des mêmes garanties d’indépendance que les juges, tandis que, dans d’autres pays, les politiques de poursuite en matière pénale sont dirigées par le Ministre de la Justice et le niveau d’indépendance du procureur est limité. Il faut garder à l’esprit cette dichotomie pour comprendre les différences de statuts et les fonctions du ministère public.

      -. Graphique 16. Nombre de procureurs pour 100 000 habitants en 2008

 On trouve le plus grand nombre de procureurs dans les Etats d’Europe centrale et orientale (Bulgarie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Moldova, Slovaquie, Fédération de Russie) mais également en Norvège. 9 Etats (Autriche, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Malte, Espagne, Pays-Bas) comptent moins de 5 procureurs pour 100 000 habitants.

Le nombre de procureurs doit être relativisé pour l’Italie car cet Etat compte également 1 701 des procureurs non-professionnels en exercice. 17 autres Etats ou entités ont mentionné des personnes pouvant accomplir des tâches similaires aux tâches d’un procureur. En Autriche, certains membres du ministère public sont des officiers judiciaires spécialisés qui travaillent sous la supervision du procureur. Certains fonctionnaires de police ont des compétences similaires à celles d’un procureur en Islande, Grèce, Malte, Pologne et France. En Angleterre et Pays de Galles (RU), certains ministères ont des procureurs spécialisés dans des infractions spécifiquement liées à leurs secteurs d’intervention. En Finlande, le Chancelier de la Justice du gouvernement et le médiateur parlementaire peuvent également engager des poursuites. En Irlande, une grande partie du travail du Directeur des poursuites est effectuée par des avocats privés plutôt que par des avocats employés par l’Etat.

      -. Graphique 17. Rôle et attributions du procureur dans la procédure pénale (nombre d’Etats ou entités)

Le rôle du procureur est très important dans les phases initiales et intermédiaires de la procédure pénale, alors qu’il est relativement limité dans les phases finales.

Tous les Etats ou entités (46) ont déclaré que les procureurs sont autorisés à porter l’accusation devant les tribunaux. Dans 45 Etats le procureur a le pouvoir de porter une accusation contre le défendeur. L’Ecosse (RU) est la seule exception. Le procureur joue un rôle dans la procédure d’appel dans 44 Etats ou entités.

Dans 40 Etats ou entités, les procureurs peuvent diriger ou superviser les enquêtes de la police. Les Etats membres ne confiant pas cette tâche aux procureurs sont: Chypre, Finlande, Irlande, Malte, Slovénie et Angleterre et Pays de Galles (RU). 29 Etats ou entités ont également déclaré que l’un des pouvoirs du procureur consiste à conduire des enquêtes. Dans 40 Etats ou entités, le procureur peut demander au juge d’ordonner des enquêtes spécifiques. Ceci n’est pas possible pour les procureurs en: Arménie, Azerbaïdjan, Chypre, Irlande, Ukraine et Angleterre et Pays de Galles (RU).

Les procureurs de 39 Etats ou entités peuvent proposer une sanction au juge. Cette pratique n’est pas prévue dans les Etats suivants: Autriche, Chypre, Fédération de Russie, Saint-Marin, “l’ex-République yougoslave de Macédoine”, Ukraine et Angleterre et Pays de Galles (RU). Les procureurs peuvent classer une affaire sans suite, sans décision d’un juge, dans 43 Etats ou entités. Andorre, Chypre, Italie, Pologne et Espagne font exception. Seulement la moitié environ des Etats ou entités permettent aux procureurs de classer une affaire en appliquant ou négociant une sanction ou une mesure sans décision d’un juge.

Dans 16 Etats membres, les procureurs peuvent avoir d’autres attributions importantes. Par exemple, le procureur a la possibilité de négocier un accord de culpabilité (Bosnie-Herzégovine et Pologne) qui peut conduire à une procédure simplifiée (Géorgie). En France, les procureurs peuvent jouer un rôle dans les politiques locales de sécurité et de prévention ou dans le cadre de la violence domestique. En Grèce, il supervise et contrôle les établissements correctionnels et en Lettonie, il protège l’intérêt des mineurs ou des détenus handicapés. Les procureurs de Slovénie peuvent demander un recours extraordinaire contre les décisions judiciaires définitives. En Croatie, France, Slovénie et Fédération de Russie les procureurs peuvent exercer des fonctions de médiation.

10. Statut et carrière des juges et procureurs

Les recommandations du Conseil de l’Europe intègrent comme principes fondamentaux la protection et le renforcement de l’indépendance des juges (notamment la Recommandation R(94)12 sur l’indépendance, l’efficacité et le rôle des juges3) et s’attachent à garantir la protection statutaire des procureurs (Recommandation R(2000)19 sur le rôle du ministère public dans le système de justice pénale).

Au niveau du recrutement, de la nomination et de la promotion des juges et procureurs, on note dans beaucoup d’Etats une forte participation des représentants des juges et des procureurs dans les instances compétentes. On peut toutefois regretter qu’il existe encore quelques rares Etats européens où juges et procureurs n’y sont pas représentés.

Le budget consacré à la formation, indispensable pour une amélioration du fonctionnement de la justice, est en augmentation conséquente dans plusieurs Etats d’Europe centrale et orientale. Dans la plupart des Etats, une formation initiale pour juges ou les procureurs est obligatoire et sa durée peut varier de plusieurs mois à plusieurs années. Une formation continue générale est souvent obligatoire.

Salaires des juges et procureurs

Les données figurant dans le tableau ci-dessous doivent être interprétées avec une grande prudence. En effet, les rémunérations accordées dépendent de multiples facteurs qui se conjuguent (niveau de vie, modalités de recrutement, ancienneté, etc.). Ainsi les juges en début de carrière dans les pays de common law sont en fait des professionnels aguerris du droit qui bénéficient d’une longue expérience professionnelle, il n’est donc pas surprenant qu’ils bénéficient de salaires supérieurs à 100.000 € par an. La rémunération principale n’est pas linéaire durant la carrière. Elle varie considérablement entre le début et la fin de carrière mais également en fonction de l’âge d’accès à la fonction.

Les salaires de juges et de procureurs doivent être en accord avec leur statut et leurs responsabilités. La tendance européenne est à l’augmentation des salaires des juges et procureurs à un niveau significatif rapporté au salaire moyen dans l’Etat, même si l’on note des disparités importantes entre les Etats.

      -. Tableau 18. Salaires annuels bruts et nets des juges et procureurs au niveau de la cour suprême ou de la dernière instance de recours, en 2008

Le ratio entre le salaire d’un juge ou d’un procureur de la Cour Suprême ou de la dernière instance de recours et le salaire national brut moyen annuel est un indicateur intéressant pour mesurer les différences entre les pays sans subir l’influence de facteurs tels que le mode de recrutement, l’âge, les antécédents professionnels, le taux de change ou le PIB. Les quatre Etats et entités de common law, Ecosse (RU), Irlande (RU), Irlande du Nord (RU) et Angleterre et Pays de Galles (RU) ainsi que la Fédération de Russie, la Serbie et la Bulgarie apparaissent comme les pays où le salaire des juges de la Cour Suprême ou de la dernière instance de recours est le plus élevé par rapport au salaire national brut moyen annuel (de 7 à 9 fois plus élevé). La médiane européenne est de 4,2 fois, pour les procureurs elle est toujours de 3,5. On observe des écarts similaires dans d’autres métiers du droit comme les avocats.

Procédure disciplinaire à l’encontre des juges et procureurs : les juges et procureurs ont un certain nombre de devoirs dont le manquement peut engager leur responsabilité sur le terrain disciplinaire. Le respect du principe de légalité impose que seuls peuvent donner lieu à sanction les manquements à l’un des devoirs expressément définis par le statut et que les sanctions susceptibles d’être infligées doivent y être précisées.

      -. Tableau 19. Nombre de sanctions prononcées pour 100 juges en 2008

On observe en moyenne 1 sanction pour 100 juges pour les 37 Etats ou entités qui ont répondu à la question. La différence entre le nombre de procédures disciplinaires engagées et le nombre de sanctions finalement prononcées s’explique principalement par le fait qu’existe ou non un système de filtre avant la saisine de l’instance disciplinaire.

11. Les avocats

Le terme “avocat” est utilisé au sens de la Recommandation Rec (2000)21 du Conseil de l’Europe à savoir: “une personne qualifiée et habilitée conformément au droit national à plaider, à agir au nom de ses clients, à pratiquer le droit, à ester en justice ou à conseiller et représenter ses clients en matière juridique”.

      -. Graphique 20. Nombre d’avocats (avec et sans conseillers juridiques) pour 100 000 habitants en 2008

Le nombre d’avocats a augmenté en Europe entre 2004 et 2008 dans tous les États membres, mais varie toutefois entre différentes parties du continent en fonction aussi d’attributions plus ou moins étendues, outre la représentation devant les tribunaux. Les Etats de l’Europe du Sud ont le plus grand nombre d’avocats; les sociétés dans ces États sont généralement plus judiciarisées que dans les pays du Nord de l’Europe. Il ne peut être établi à ce stade un lien direct entre le nombre d’avocats et le volume et la durée des procédures, mais l’analyse devra être approfondie pour savoir si le nombre d’avocats et leurs prérogatives dans la mise en état des procédures par rapport à celles des juges ont un impact significatif sur la charge de travail du tribunal et la durée des procédures.

      -. Graphique 21. Nombre d’avocats par juge professionnel (avec ou sans conseillers juridiques) en 2008

Le nombre d’avocats par juge professionnel varie considérablement entre les Etats et entités membres. Lorsque les conseillers juridiques en sont exclus, on peut observer qu’il existe des Etats ou des entités qui ont moins de 2 avocats par juge professionnel (la Slovénie, Monaco, la Bosnie-Herzégovine, Ecosse (RU), l’Azerbaïdjan et la Fédération de Russie). Le plus grand nombre (plus de 20 avocats par juge professionnel) se trouve en Espagne, à Malte et en Italie. Toutefois, dans ces pays, les avocats ont de larges pouvoirs allant au-delà des activités directement liées aux tribunaux.

12. Exécution des décisions de justice

Il est difficile d’évaluer la bonne exécution des décisions de justice en matière civile et commerciale sur la base de statistiques pertinentes, car l’exécution n’est pas automatique: il appartient aux parties ayant obtenu gain de cause de décider de demander, le cas échéant, l’exécution de la décision de justice. Ce rapport ne s’intéresse donc pas tant au taux d’exécution des décisions de justice qu’à l’organisation du processus d’exécution et au rôle des agents d’exécution.

      -. Tableau 22. Délai de notification d’une décision de justice concernant le recouvrement d’une créance à une personne domiciliée dans la ville où siège la juridiction

Le délai de notification, qui dépend également de sa forme procédurale, peut être réduit de manière concrète soit par l’action d’un agent d’exécution, soit par la forme simplifiée d’un courrier avec accusé de réception. Ainsi, le délai dépend soit de la diligence de l’agent d’exécution, soit du bon ou mauvais fonctionnement de la poste. Chaque pays, en pareille situation, évalue un délai moyen comme indicateur d’efficacité.

Plus de la moitié des Etats ou entités (23) ont affirmé qu’il est possible d’accomplir la notification à la personne visée dans un délai compris entre 1 et 10 jours. Seul deux Etats (République tchèque et Grèce) ont mentionné un délai de plus de 30 jours pour la notification de la décision à la personne concernée. Par rapport aux années antérieures (2004 et 2006), on constate que plusieurs Etats ont réduit le délai requis: Azerbaïdjan, Hongrie, Malte et Moldova. Par contre, d’autres Etats ont indiqué un accroissement du délai: France, Géorgie, Lituanie, Monténégro, Serbie et Espagne.

Texte intégral du quatrième rapport (édition 2010 données 2009)

http://www.coe.int/t/dghl/cooperation/cepej/evaluation/2010/ID%2010550%20JRaport_F.pdf

 


Filed under: DROITS FONDAMENTAUX, Questions institutionnelles

France : les Roms, un bilan sans nuance. Un succès diplomatique estime Eric Besson

Posted by lf5422 on 25/10/10

Les autorités françaises ont reconduit 8.601 clandestins roumains dans leur pays depuis le 1er janvier, pour une grande majorité dans le cadre de retours volontaires, a annoncé lundi le ministère de l’Immigration. Ces chiffres sur neuf mois et demi englobent, sans en détailler l’impact, le renforcement des expulsions décidé au cours de l’été par Nicolas Sarkozy, qui a valu à la France d’être accusée de discrimination envers les Roms.

Au total, du 1er janvier au 17 octobre, 8.601 ressortissants roumains en situation irrégulière en France ont été reconduits dans leur pays d’origine, dont 1.154 de manière contrainte et 7.447, soit près de 87%, de manière volontaire.

S’agissant de sa politique envers les Roms, le gouvernement français estime avoir remporté la partie diplomatique avec la décision de la Commission européenne, le 19 octobre, de renoncer à ouvrir une procédure d’infraction pour transposition incomplète de certaines directives par la France.

De plus, le Conseil d’Etat a rejeté deux jours plus tard les recours en annulation de plusieurs associations de défense des droits de l’Homme contre le fichier “Oscar”, qui vise à empêcher les bénéficiaires de l’aide au retour d’en jouir plusieurs fois.

En parallèle des efforts européens consentis en faveur des Roms, Paris souhaite la mise en place d’un nouveau programme national d’aide à leur réinsertion en 2011, précise le ministre de l’Immigration, Eric Besson. D’un montant d’un million d’euros, ce plan mettra l’accent sur la “création pérenne d’activités et d’emplois”, dit-il dans un communiqué. Pour l’année 2009, 146 projets de réinsertion en Roumanie ont été financés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), pour un montant global de 709.560 euros, précise le communiqué du ministère de l’Immigration. Depuis le début de l’année 2010, 73 projets ont été financés, pour un montant global de 354.780 euros, se félicite Eric Besson.

La France « … entend rester le moteur de la construction progressive d’une politique européenne de l’immigration, qui soit à la fois ferme et humaine » a conclu Eric BESSON.

Texte du communiqué http://www.immigration.gouv.fr/spip.php?page=actus&id_rubrique=254&id_article=2391

 


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