Initié le 15 septembre et prévu pour durer jusqu’en juin 2010, ce programme se concentre sur l’obtention d’échantillons ADN (cheveux, salive, rognures d’ongles) mais, explique une porte-parole du Home Office, sur la base du «volontariat» de réfugiés «en provenance de la Corne de l’Afrique».
L’inspiration est probablement venue des Etats-Unis, où un programme pilote similaire avait été mis en place en 2008 pour faciliter le rapprochement des familles de réfugiés originaires de l’Afrique de l’Est. Les tests avaient révélé que beaucoup de réfugiés de Somalie ou du Kenya, prétendant être de la même famille, n’avaient aucune relation de sang. Le programme avait alors été abandonné. Le problème, c’est que le Home Office ne se préoccupe pas des relations familiales mais de l’origine des réfugiés. «Sauf que l’on ne peut pas définir la nationalité à partir d’un test ADN », a expliqué Sir Alec J. Jeffreys, professeur à l’université de Leicester, pionnier de la recherche ADN sur l’utilisation des empreintes dans la médecine légale. «Les gènes ne connaissent rien aux frontières, ce programme est une aberration.» Pour les associations de défense des réfugiés, le débat dépasse l’aspect scientifique.
Face aux réactions indignées, le Home Office adopte un profil bas et fait remarquer que ces tests ne sont pas utilisés pour prendre des décisions sur un dossier, il s’agit d’une étude qui combinera les tests ADN avec des techniques plus traditionnelles, comme les empreintes digitales ou les documents, insiste la même porte-parole. La décision est reportée à plus tard, une fois l’étude achevée.

