L’opposition conservatrice britannique a renoncé mardi à son projet de référendum sur le traité européen de Lisbonne. “ Ce qui s’est passé aujourd’hui (dans la capitale tchèque) signifie qu’il n’est plus possible d’organiser un référendum sur le traité de Lisbonne”, a déclaré à la télévision William Hague, responsable de la politique étrangère dans le “cabinet fantôme” de David Cameron.
“Les peuples devraient avoir droit à un référendum lorsque de nouveaux traités sont proposés”, avait auparavant dit David Cameron aux journalistes. “Ce traité ne semble plus devoir être un traité, il va s’intégrer à la législation européenne et cela créera une situation nouvelle.” “Nous allons répondre intégralement avant la fin de la semaine sur tout ce que nous ferons pour protéger les intérêts de la Grande-Bretagne et faire face à cette nouvelle situation”, a-t-il ajouté avant l’annonce du renoncement au référendum. Les conservateurs s’opposent vigoureusement au traité, dans lequel ils voient l’amorce d’une Europe fédérale. Le traité a notamment pour objet d’assouplir les prises de décision en conférant à l’UE une visibilité et une stabilité renforcées.
David Cameron a fait savoir qu’il ne resterait pas passif au cas où le traité serait en vigueur une fois son parti au pouvoir, mais il s’est refusé à préciser , pour l’instant, ses intentions. L’abandon de la promesse de référendum risque d’attiser la colère de la droite eurosceptique du Parti conservateur qui veut que l’homme de la rue ait son mot à dire sur Lisbonne. Certains Tories pourraient même passer au Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip), partisan d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.
Il faut rappeler que David Cameron n’a pu prendre le pouvoir au sein du parti conservateur qu’avec l’appui de la frange la plus eurosceptique qui est furieuse. Aujourd’hui, les tories les plus opposés à l’UE rappellent à Cameron que la promesse faite dans les colonnes du Sun en 2007 ne s’accompagnait d’aucune condition, et qu’il doit donc laisser les Britanniques s’exprimer sur ce sujet hautement sensible. «Comment David Cameron peut-il prétendre rapatrier en Grande-Bretagne les pouvoirs partis à Bruxelles quand il ne se bat même pas pour tenir sa parole ?» a violemment réagi Barry Legg, ancien président du Parti conservateur et membre du Bruges Group, un groupe de réflexion antieuropéen très influent chez les tories. David Cameron laissait entendre depuis quelques mois qu’il disposait d’un plan B au cas où le traité de Lisbonne serait ratifié, et qu’il ne laisserait pas Bruxelles conserver autant de pouvoirs. Ce mystérieux plan de rechange devrait être révélé très prochainement.

