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Les migrants retournent dans leur pays d’origine :o, en parle jamais, mais c’est une réalité encore mal connue. Est-ce une vérité qui dérange ? Pourquoi ? et la grande majorité ne le fait pas sous la contrainte.

Une étude française de l’INED (Institut National des Etudes Démographique) sur les retours dans leurs pays respectifs de Sénégalais et de Congolais ayant émigré en Europe va à l’encontre d’un certain nombre d’idées reçues sur l’immigration africaine généralement perçue comme défini ve.

Le phénomène des retours est mal connu car la plupart des Etats européens, dont la France, ne comptabilisent pas ces retours. Les quelques données disponibles montrent que selon les pays de destination et selon les périodes, 20% à 50% des émigrés repartent dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, soit vers leur pays d’origine, soir vers un autre pays. La tendance st toutefois à la baisse car « les restrictions imposées à l’immigration ont tendance à réduire la propension au retour ».

La moitié des Sénégalais et des congolais revenus au pays et interrogés par les chercheurs de l’INED avancent en premier lieu des raisons familiales ou professionnelles. La fin des études arrive en deuxième raison des motifs invoqués. Les difficultés rencontrées en Europe sont minoritaire pour expliquer les retours (5% pour les Sénégalais et 12% pour les congolais. Enfin les retours survenant suite à «des problèmes de papier » n’ont concerné que 11% des premiers et 3% des seconds. Ce ne sont pas toujours des expulsions, font remarquer les auteurs : certains migrant irréguliers ont décidé de renter de leur propre gré ».

Les auteurs font remarque également que les Sénégalais sans papiers n’ont ni plus, ni moins de chances des rentrer dans leur pays que ceux en situation régulière dans les dix ans suivant leur migration. Et les congolais en situation irrégulière n’ont que 1% de chance de revenir contre 42% pour les « réguliers ». Les sans papiers répugnent en effet à rentrer parce qu’ils savent qu’ils n’auront pas la possibilité de repartir. L’écart entre migrants réguliers et irréguliers est d’autant plus marqué que les conditions de réinsertion sont incertaines dans le pays d’origine. Ce qui est plus particulièrement le cas pour le Congo où la situation économique et politique est beaucoup plus instable qu’au Sénégal.

« Les migrants qui rentrent sont d’abord ceux partis avec l’objectif d’acquérir des compétences » soulignent les chercheurs. Ainsi les Sénégalais et les Congolais ayant émigré pour étudier ont presque une chance sur deux d’être rentrés d ans les dix ans. De plus comme une réinstallation dans le pays d’origine peut se révéler coûteuse, les Congolais qui vivent en Europe dans des ménages disposant de moyens plus que « suffisants » ont près de 70% de chances d’être retourné, contre 33% pour ceux qui vivent dans des ménages moins aisés. Enfin et il n’y a là rien de surprenant, un retour est toujours plus probable quand les migrants ont laissé au pays leur conjoint ou leur famille.

La conclusion semble s’imposer provisoirement en l’absence d’études plus nombreuses et plus approfondies : plus il est difficile d’immigrer, plus il est difficile d’envisager le retour et plus l’immigration est réussie, plus le migrant envisage et réussit son retour. Il n’y a une fatalité à ce que les immigrés nous envahissent durablement : il appartient aux européens de mieux connaître le phénomène et à favoriser ces retours. La plus-value pour les deux parties est évidente.

Pour en savoir plus :

Les migrations de retour au Sénégal et en République démocratique du Congo par Marie-Laurence Flahaux,Cris Beauchemin, Bruno Schoumaker .Plus migrer en Europe est difficile, moins le retour est envisagéPopulation et sociétés n°515,INED,octobre 2015. http://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/22074/population.societes.2014.515.europe.afrique.migrations.fr.pdf

Classé dans:IMMIGRATION, Immigration légale, Lutte contre l’immigration illégale, Politique d’intégration

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