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En 2018, près de quatre personnes sur cinq (79%) âgées entre 16 et 74 ans utilisent l’Internet au moins une fois par semaine. Au sein de l’Union européenne (UE), environ une personne sur sept n’a jamais utilisé Internet. Ainsi, si notre so­ciété est devenue une société d’information où la communi­cation est au centre, elle crée parallèlement une exclusion dans l’appréhension de son évolution. C’est une exclusion numérique. Si on l’analyse de manière dynamique, bien plus de personnes sont touchées par l’apparition de nouvelles technologies rendant obsolètes les précédentes. Cela participe, peu à peu, à l’exclusion des individus qui ne parviennent pas à suivre le pas.

Qu’est-ce que la fracture numérique ?

Il est possible de définir la fracture numérique comme une « ligne de rupture, tracée d’un clivage entre, d’une part, les individus ou groupes sociaux qui sont – ou se sentent – bien intégrés à la « société de l’information », et, d’autre part, ceux qui sont – ou se sentent – exclus de cette société ». Frontière ou fracture, à l’instar de bien d’autres frontières clairement tracées sur les représentations cartographiques, mentales ou théoriques, cette ligne est difficilement visible voire totalement imperceptible. Pourtant, on ne vit pas tout à fait de la même manière d’un côté de la frontière ou de l’autre. De prime abord, certains seraient tentés d’affirmer que la fracture numérique n’existe pas en tant que telle et ne serait finalement qu’un reflet de clivages socioécono­miques classiques : personnes âgées, porteuses de handicap ou indigentes. Le propos reste à nuancer.

Comment détecter l’exclusion numérique ?

Pour déterminer l’« intégration numérique » d’une personne et, a fortiori son exclusion, il convient de poser trois questions :

– Existe-t-il un accès aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ? Facilité d’accès à un PC adapté, existence d’une connexion au réseau, les coûts sont-ils supportables ?

– Quels sont les savoir-faire ? Savoir-faire techniques et sociaux dans la mesure où ils influencent la capacité à ex­ploiter les TIC

– Quel est l’accès aux contenus ? Il s’agit de déter­miner la capacité à exploiter véritablement les ressources techniques, informationnelles et communicationnelles que recèlent les TIC.

Ces questions, pourtant, ne permettent d’établir le degré d’exclusion/d’inclusion d’un individu qu’à l’instant «t» où il y répond.

L’exclusion ne frappent pas que les autres

Comme déjà souligné, l’apparition de nouvelles technologies, rendant obsolètes les précédentes, participe, peu à peu, à l’exclusion des individus. Ainsi, celui qui auparavant savait utiliser les téléphones « à clapet » et qui, ne peut ou ne veut s’adapter aux smartphones sera moins intégré numériquement. Il s’agit de ce qu’on ap­pelle la « fracture numérique dynamique », qui renvoie aux sentiments d’intégration ou d’exclusion tels qu’ils varient dans le temps.

Celui ou celle qui se sent aujourd’hui en sécurité du « bon côté » du fossé numérique – et n’a donc a priori aucune rai­son impérative de s’efforcer d’améliorer son niveau d’« inté­gration numérique » – peut demain se retrouver rattrapé et dépassé. Ainsi l’obsolescence progressive du capital matériel (par exemple un ordinateur personnel qui se « démode ») ou cognitif (compétences techniques ou autres), patiemment et consciencieusement acquis, donne soudain à l’individu concerné l’impression qu’il est perdu.

Que fait l’Union européenne ?

Les inégalités et l’exclusion sociale sont une préoccupation importante pour l’UE et font partie de la stratégie «Europe 2020». Aux côtés des disparités spatiales (rurales et urbaines), le numérique joue un rôle tout particulier en ce qu’il peut per­mettre une plus grande participation des citoyens. L’Union propose de renforcer les investissements dans l’éducation et l’acquisition de compétences numériques afin, d’une part, de réduire les inégalités sociales existantes et, d’autre part, d’of­frir une égalité des chances. Ceci passe également par une remise en cause des pratiques de travail établies en formant les employés, tout en créant de nouveaux types de travail.

Il semble important de noter que l’Union était particulière­ment en avance dans le domaine de l’inclusion numérique puisque, dès la fin des années 90, la Commission européenne avait mis en place un groupe d’experts ESDIS (Employment and Social Dimension of the Information Society) dont les travaux soulignaient la prévention de l’exclusion numérique. Ils recommandaient ainsi l’alphabétisation numérique pour tous, l’abaissement des barrières techniques et économiques pour l’accès à internet, le développement de compétences ap­propriées à un usage efficient des services en ligne.

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