EU-Logos

Le
projet européen vacille fortement depuis maintenant quelques décennies car les
attentes et les réponses apportées par les institutions ne sont pas toujours
adaptées à la réalité des citoyens; et même quand celles-ci sont bonnes, le défaut
de communication et de publicité, couplé avec les diatribes des parties extrémistes,
font que l’Union européenne ne gagne que peu de crédit dans l’opinion publique
par rapport à son travail.

L’Union
européenne est d’une certaine façon au même point que la France, car elle se
doit de définir un contrat social européen et la France se doit de redéfinir
son contrat social afin de l’adapter à la réalité dans la perspective de définir
les grands projets sociétaux pour le siècle à venir, voire plus.

Seule
institution de l’Union européenne élue directement par les citoyens, le
Parlement européen est composé de 751 députés. Il est donc le meilleur
moyen d’avoir une meilleure représentativité des intérêts du peuple européen;
celui-ci exerce trois pouvoirs fondamentaux : législatif, budgétaire
et contrôle politique.

Comme le disait Otto von Bismarck: “Celui qui ne sait pas
d’où il vient, ne peut savoir où il va”. L’Europe, voire le monde
entier, vit une crise identitaire, subit les soubresauts d’une économie latente
et une crise écologique majeure. Face à ces enjeux, une affirmation de
« nos valeurs communes”, une redéfinition de celles qui doivent évoluer, et
un constat précis et rationnel doivent-être les premières étapes cruciales afin
de déterminer une voie, un espoir, pour le bateau ‘Europe’. Les élections européennes
sont une chance pour faire en sorte que ce bateau ‘Europe’  nous conduise tous ensemble vers un avenir
meilleur, sous réserve que cette Europe sache prendre en considération tout
cela et sache opérer des choix rationnels par rapport aux attentes du moment,
et aux priorités futures (ex: forte implication sur la thématique
environnementale); attentes qui sont grandes et cardinales à ce point de notre
histoire. Il faut être très vigilant dans ce processus d’identification afin de
ne pas donner une trop grande valeur à des idées nationalistes pouvant conduire
à des formes d’extrémisme et de repli sur soi.

Comme le disait Winston CHURCHILL : “la démocratie est un
mauvais système mais est le moins mauvais de tous les systèmes, à condition d’être
étroitement associée à des institutions républicaines et de ne pas ignorer tout
principe d’autorité; car la majorité, en elle-même, constitue un fait et non un
droit ! ” Nous ne pouvons nous délester de notre responsabilité
‘divine’ en tant que citoyen en critiquant les politiques et la gestion faite
par ceux-ci. Le citoyen doit s’armer de force et de constance, et dire chaque
jour de sa vie ce que disait un vertueux Palatin dans la Diète de Pologne :
«Malo periculosum libertatem
quam quietum servitium» (« Je
préfère les dangers de la liberté au repos de la servitude » ). Si l’agora est certes un espace de discussion,
elle est aussi un espace de prise d’initiative et d’action. L’action par le
vote, par l’engagement citoyen, est une nécessité indépendamment de nos
convictions idéologiques.

Il faut retrouver le ‘bon sens’ dans le monde politique et dans
la place publique. La tautologie que représente “la démocratie représentative” est
parlante car elle exprime un changement latent de système avec un défaut de
(re)connaissance de celui-ci. La démocratie du mot grec ‘démokratia’ est le
pouvoir du peuple (‘démos’ (le peuple) et ‘kratos’ (Le pouvoir)).

Solon, Clisthène, puis
Périclès, ont mis en place les
institutions de la démocratie (à Athènes au
7-6ème siècle avant J.C.),  autrement dit le pouvoir du peuple conçu comme une entité politique et juridique structurée. Les deux
idées de « partage de l’égalité citoyenne »
et de « souveraineté du corps public »  sont donc
consubstantielles de la démocratie,  et
originelles.

L’on constate un essoufflement des élites en terme de solutions
proposées, de définition d’un projet de société cohérent et accepté par son
peuple afin de répondre aux nouveaux enjeux de ce monde; en ce sens, l’inclusion
du peuple dans la prise de décision est un moyen de revitaliser le mode de décision,
les solutions et le projet de société d’un peuple sous réserve que ce principe
ne soit pas instrumentalisé par les extrémistes ou les idées radicales ou
encore par la manipulation politique de la peur.

La colère ou ressentiment envers L’UE ou ses élites est un bon
signe en soi car cela révèle que la population européenne a beaucoup d’attentes
pour l’Union européenne ; et du fait du non-accomplissement de ces attentes, le
peuple se rebelle. Cela est un bon signe car cela dénote qu’il y a des attentes
positives et grandes du peuple mais cela veut aussi dire que ces élections
européennes et les prochains mandats des élus seront décisifs afin d’assurer la
durabilité du projet européen. Comme le disait Emmanuel MACRON dans sa tribune du Lundi 04
Mars 2019, cela est certainement l’une des dernières chances, voire même la
dernière chance, pour faire renaître, “revivre” le projet européen dans le
coeur de tous les citoyens.

L’urgence de la protection de notre planète, l’urgence des
questions de sécurité dans un monde qui se prépare à la troisième guerre
mondiale, et l’urgence de la redéfinition de nos projets sociétaux nationaux et
européens, sont des causes qui montre l’importance des enjeux des élections
européennes de Mai 2019 car celles-ci définiront pour les 5 prochaines années
les politiques publiques via la procédure du “candidat unique” qui permettra au
parti politique gagnant de proposer son candidat à la présidence de la
Commission européenne (article 17 du TUE qui stipule que le Parlement
européen élit, à la majorité des membres le composant, le président de la
Commission européenne, sur proposition du Conseil européen é
laborée « en tenant compte des élections au
Parlement européen
 » et « après avoir procédé aux consultations appropriées) , et via
les lois et règlementations adoptées par le Parlement européen afin de protéger
nos libertés, l’environnement et la stabilité de nos sociétés.

La politique n’est pas une question réservée à une élite ou à quiconque
en particulier. La politique est formée  à
partir de deux termes grecs :

-“ polis
« , qui signifie » cité » (au sens politique du terme) ;

-“-ikos », suffixe
d’adjectif qui donne « -ique » en français .

Ce mot
est donc à l’origine un adjectif et, d’après son étymologie,  il signifie
» qui concerne le citoyen « . La politique c’est l’expression d’un
désir individuel de travailler pour “un bien commun” avec une idéologie propre
à cette personne. Tout un chacun se doit de s’impliquer, d’agir et de venir
voter aux élections européennes qui auront lieu entre le 23 et 26 mai
2019. 

Les élections européennes sont une chance, peut-être la dernière, de redéfinir un projet européen et ainsi de déterminer une politique européenne acceptée et légitimée par le peuple européen.

Andy ALEXIS

Pour plus d’information:

-Le
contrat social de Jean Jacques ROUSSEAU (Livre I, II et III) ;

-La
critique de la raison pure d’Emmanuel KANT (Idée d’une histoire universelle du
point de vue cosmopolitique)

https://www.taurillon.org/quand-aucun-parti-europeen-ne-repond-aux-attentes-des-citoyens-la-voie-est ;

http://www.europarl.europa.eu/at-your-service/fr/be-heard/elections ;

https://www.touteleurope.eu/actualite/elections-europeennes-2019-tout-comprendre.html

https://europa.eu/european-union/topics/environment_fr

https://eyes-on-europe.eu/eus-social-dimension/

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